Alors voilà, c'est fini. C'est sur la terre qui l'a vu naître alors que son père jouait au LOSC qu'André Ayew a annoncé qu'il quitterait l'#OM en fin de saison. C'est plein d'émotion et le regard dans le vide que j'écris cet article. Je suis presque aussi hagard que lui au micro de Laurie Samama.

Alors oui, officieusement on le savait depuis longtemps qu'Ayew partirait mais comme lorsqu'un amour se termine et qu'on ne veut pas vraiment y croire, on attendait l'officialisation, en espérant un retournement de dernière minute. J'ai longtemps réfléchi à comment rendre hommage à ce guerrier et devant ma feuille gribouillée, raturée, après avoir cherché encore et encore comment rendre hommage à notre valeureux guerrier, j'ai décidé de faire simple : André Ayew, c'est 208 matchs sous le maillot olympien.

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André Ayew c'est 60 buts marqués avec l'OM. André Ayew, c'est un premier match le 15 août 2007, à 18 ans seulement, contre Valenciennes. André Ayew, c'est aussi un premier but avec l'OM en septembre 2010, à Valenciennes pour une défaite 3-2. André Ayew, c'est 2 Coupes de la Ligue remportées avec l'OM. André Ayew, c'est un but qui fait chavirer tout le Vélodrome à la 90ème minute contre l'Inter en huitièmes de finale de la Ligue des Champions. André Ayew, c'est un guerrier, c'est l'acharnement de s'être accroché, après deux prêts à Lorient et Arles-Avignon, pour réaliser son rêve et s'imposer dans son club de cœur.

Une histoire humaine avant tout

Et puis j'ai relu ce que je venais d'écrire. Je me suis alors dit qu'empiler des chiffres, des stats, un palmarès c'était faire injure à ce qu'avait été l'aventure d'André Ayew à l'OM.

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C'était faire fi du côté avant tout humain de cette relation entre le club et son joueur. C'était déshumaniser cet hommage pour éviter d'agrandir encore l'émotion qui m'empoignait. Alors j'ai repris mon stylo et j'ai décidé d'écrire tout simplement ce que je ressentais, pour réellement rendre hommage à ce joueur qui le mérite tant.

Finalement, l'histoire d'Ayew et de l'Olympique de Marseille, c'est celle de deux amis d'enfance. Ensemble, ils se sont bien marrés, ils ont fait les quatre cents coups. Ensemble, ils ont aussi eu des moments de divergence, ils se sont éloignés pour mieux se retrouver. Le plus ironique dans tout ça c'est qu'au départ l'OM ne faisait pas vraiment confiance à Ayew, que tous les gens qui gravitent autour ne le connaissaient pas. Et petit à petit, à force de courage, de bravoure il est devenu l'ami incontournable, celui avec qui on partage tout, celui qui nous ressemble en somme. Parce que oui, Ayew c'est aussi le symbole de l'OM mais plus largement de Marseille : pas forcément le plus talentueux mais toujours avec le sourire, toujours avec l'envie de se battre et d'avancer.

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A l'image de Marseille quoi. Il a connu beaucoup de difficultés avec cet ami exigeant qu'est l'OM mais jamais il n'a abandonné, jamais, malgré les exils successifs à Lorient puis Arles-Avignon, il n'a renoncé à voir son rêve se réaliser et à conquérir cette amitié si courtisée. Il a toujours été exemplaire, il a toujours tout donné. Il s'est même donné aveuglément dans cette amitié forte et intense. Il s'est pleinement identifié à cet ami bienveillant et a même essayé de créer cette même complicité entre cet ami et son frère.

Cet engagement fort de sa part a été en retour récompensé par un amour fraternel de la part de l'OM. Comme le meilleur ami dont on dit « c'est comme mon frère », avec qui l'on passe ses vacances, Ayew s'est immiscé dans la famille OM pour en devenir plus qu'un ami, un confident, un porte-étendard. Ayew, c'est l'âme du club et on ne vend pas l'âme du club. C'est pourquoi il partira gratuitement (oui c'est de l'ironie et oui c'est déchirant d'écrire ces lignes).

Malheureusement un jour, celui qui montre que toutes les bonnes choses ont une fin, le 23 mai 2015, ces deux amis vont se séparer. Mais ils vont se manquer. Ayew continuera à suivre et à supporter l'OM de l'endroit où il sera. Les Marseillais continueront à suivre les performances de son ancien poulain en espérant qu'il réussisse. Finalement, la séparation aura au moins servi à se rendre compte de l'amour qui liait l'OM, ses supporters et André Ayew. Le réveil sans Ayew sera difficile ne nous en cachons pas. Espérons seulement que les paroles d'IAM dans Après la fête ne soient pas prémonitoires de ce qu'il adviendra de l'amitié entre Ayew et l'OM : « On passe un instant et puis on se dit au revoir ; Un mois file, un an, ensuite, on s'appelle plus ; Il faut croire que c'est ainsi doucement qu'on se perd de vue ».

Pour finir ces quelques lignes chargées d'émotion je souhaiterais simplement remercier André pour tout ce qu'il a fait pour l'OM et lui souhaitait la réussite qu'il mérite dans un grand club européen. Et puis un dernier espoir, que cet adieu ne soit en fait qu'un au revoir et que ces deux amis puissent un jour de nouveau être ensemble. #Football