Mercredi 6 mai 2015. Demi-finale aller de la Ligue des Champions. Comme tout amateur de foot, j'ai réservé ma soirée de mercredi soir pour ne rien louper de cette rencontre somptueuse sur le papier entre deux des clubs -avec le Real de Madrid- les plus prestigieux du monde.

Intérêts multiples donc pour un match de foot qui était tout sauf anodin avant le coup. L'enjeu d'abord, l'accession à la finale de la plus prestigieuse des compétitions de foot du vieux continent. La perspective ensuite de voir évoluer quelques uns des meilleurs footballeurs de la planète parmi lesquels on comptait mercredi soir, Messi, Neymar, Iniesta et Suarez d'un côté, Laam, Müller ou Neuer de l'autre. Le tout dans une enceinte, sans doute la plus belle du monde, le fabuleux stade du Camp Nou de Barcelone.

Mais au delà de l'enjeu et de toutes ces stars planétaires du football, le retour de l'enfant prodige de Barcelone, celui qui a façonné le jeu de l'équipe du Barça pour en faire in fine LE club le plus admiré du monde, chez lui à Barcelone pour affronter son ex-équipe, ne manquait ni d'intérêt ni de piment. Pep Guardiola, ex-joueur, ex-coach du Barça venait défier son ancienne équipe sur ses terres à la tête du plus grand club allemand....Un challenge sans doute au dessus de tous les autres.

Avant le coup, on pouvait se dire: "Guardiola est sans doute le seul entraîneur du monde à l'heure actuelle à pouvoir battre une équipe du Barça qui actuellement ne touche plus terre". Tous les amateurs de foot savent en effet qu'en ce moment, le fleuron de tout un peuple catalan est intouchable. Les joueurs du PSG en savent quelque chose eux qui il y a à peine deux semaines ont essuyé deux revers consécutifs nets et sans bavure contre Iniesta et les siens

Avant le coup d'envoi, beaucoup donnaient peu cher en effet des chances de Luis Enrique, le réservé et peu charismatique coach du Barça 2015, ombre frêle et futile du légendaire Pep Guardiola qui a marqué sans doute à tout jamais de son empreinte l'Histoire du club Blaugrana. Des rumeurs venant des tribunes des Socios barcelonais annonçaient même son départ en fin de saison alors que pourtant le méritant entraîneur espagnol est en passe de remporter cette année le championnat national, la coupe d'Espagne et sans doute de participer à sa énième finale de Ligue des Champions. Mais ça, c'était avant le match de mercredi soir. 

Le fin et subtile entraîneur bavarois a réussi à mettre en place avec une grande efficacité son système anti-Barça pendant 75 minutes, muselant le milieu de terrain catalan et ses vedettes en exerçant un pressing constant et de tous les instants. Oui, mais voila, un match de foot se joue en 90 minutes et le Bayern a littéralement explosé dans le dernier quart d'heure d'une partie d'échecs habilement cadenassée et maîtrisée pourtant jusque là par le génial entraîneur catalan pendant un heure et quart. La suite, on la connait: Messi est sorti de sa boite et a fait basculer le match en faveur du Barça. Trois buts signés ou influencés par le génial petit -par la taille- stratège Argentin.  A quoi tient une rencontre de football de ce niveau? Sans doute à la présence dans l'une des équipes du meilleur joueur de la planète, plus fort et plus efficace que le plus redoutable des systèmes de jeu. On n'empêchera pas alors les détracteurs de Guardiola de critiquer l'homme et de railler l’entraîneur qui a vu son équipe sombrer dans le dernier quart d'heure de la rencontre. Et même de se moquer de ses compétences dans une sorte de rapide et de bon marché analyse du style "s'il était aussi fort au Barça, c'était bien grâce à Messi et aux autres", sous-entendu "mais pas grâce à lui". 

Alors, in fine, que retenir de cette rencontre, première partie d'une confrontation en 2 manches? Un, le Barça est quasiment en finale. Secundo, le Barça 2015 est largement supérieur au Bayern 2015. Tertio, Pep Guardiola n'est pas prophète en son pays. 

Soit.

Mais tous les observateurs du match mercredi soir, se rappelleront sûrement très longtemps de cette image forte de Guardiola volée en fin de match par la caméra indiscrète du réalisateur de la retransmission, ce plan unique de l'enfant de Barcelone baissant la tête, meurtri autant par la défaite que par l'humiliation que peut ressentir un homme de retour chez lui et essuyant un camouflet de la part de l'un des membres de sa famille.

Guardiola ne méritait pas cela. Il aura sûrement l'occasion de se rattraper et de montrer ce dont il est capable. Cela, personne n'en doute. Réponse, mardi soir? #FC Barcelone #Champions League #Bayern Munich