Ce jeudi, les joueuses du Paris Saint-Germain disputaient la finale de la Ligue des Champions de #Football. Si Laure Bouleau et ses coéquipières ont chuté face à Francfort deux buts à un, elles ont touché du bout des doigts le rêve d'un sacre européen, priorité absolue du club de la capitale, côté hommes, depuis l'arrivée du Qatar. Avant elles, ce sont les filles de l'Olympique Lyonnais qui ont brillé sur la scène continentale, avec deux coupes aux grandes oreilles en 2011 et 2012, et deux finales perdues en 2010 et 2013. Autant de preuves s'il en fallait que le football féminin français est l'un des plus performants d'Europe, quand nos représentants masculins bloquent systématiquement beaucoup plus tôt dans la compétition.

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Pourtant, alors qu'elles ont porté haut les couleurs du ballon rond français, les parisiennes n'auraient eu droit qu'à une prime de 5 000 euros en cas de victoire. Pour rappel, l'an dernier, Qatar Sports Investment, l'actionnaire du Paris Saint-Germain, avait promis un chèque d'un million d'euros à chaque joueur parisien en cas de succès final dans cette prestigieuse Ligue des Champions. L'illustration flagrante des inégalités qui existent entre hommes et #Femmes sur le terrain du sport.



De l'éclosion du sport féminin



Depuis plusieurs années, les femmes investissent le sport de haut niveau. En 2014, on comptait près de 2 500 sportives professionnelles en France contre 4 600 hommes. L'écart a d'ailleurs plutôt tendance à se réduire : on compte ainsi 2% de femmes sportives de haut niveau qu'il y a une dizaine d'années.

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Cette évolution est plus palpable encore au niveau des sports collectifs comme le football et le rugby. Ainsi, la ligue 1 féminine française, créée en 1974, rassemble environ 150 joueuses professionnelles, soit 14% de plus qu'en 2008. Et le constat est le même côté ballon ovale où le Top 8 compte 18% de sportives en plus qu'il y a sept ans. Surtout, le sport féminin français gagne en visibilité et en considération : en 2012, date à laquelle le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel a commencé à mesurer la part consacrée au sport féminin à la télévision, les femmes ne trustaient que 7% du temps d'antenne, contre 15% aujourd'hui. Des évolutions rendues possibles notamment par les sportives elles-mêmes à travers leurs performances : outre les joueuses lyonnaises et parisiennes, les rugbywomen tricolores se sont offert un grand Chelem lors du Tournoi des Six Nations en 2014, avant de monter sur le podium de la Coupe du Monde de rugby la même année, suscitant un réel enthousiasme en France (plus de deux millions de personnes devant la télévision lors de la demi-finale).

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Certaines chaînes, comme France 4 et Eurosport ne s'y sont pas trompées, s'offrant les droits de diffusion du championnat de football féminin hexagonal. Et ce mardi, c'est même France 2 qui se payait le luxe de diffuser sur ses antennes la finale de la Ligue des Champions entre Francfort et le Paris Saint-Germain.



Des inégalités persistantes à combattre



Premier constat, l'accès au statut de sportif professionnel reste très inégalitaire. Au niveau du football par exemple, seuls trois clubs sont professionnels en France. La professionnalisation des clubs féminins reste donc une lutte primordiale à mener, une lutte qui suppose des moyens financiers qui peinent à être débloqués. Elles sont donc très nombreuses à cumuler le sport de haut niveau et un autre emploi, et à devoir prendre des congés sans solde pour participer à certaines compétitions comme la coupe du monde. Les salaires et les primes de match, comme l'illustre la somme promise aux Parisiennes en cas de sacre européen, constituent également le socle des inégalités hommes / femmes dans le monde du sport. C'est d'ailleurs le ballon rond qui souligne le mieux ces différences : la centaine de joueuses de football professionnelles en France (et souvent internationales) gagne en moyenne 3 500 euros par mois, quand les hommes (même s'ils ne sont pas internationaux), en Ligue1, touchent en moyenne 40 000 euros par mois. Le déséquilibre est moins frappant dans d'autres disciplines, comme le volley, où l'écart de salaire n'est que de 500 euros mensuels (3 000 euros pour les hommes contre 2 500 euros pour les femmes). Autre exemple, le traitement réservé à l'équipe féminine de basket australienne (trois fois médaille d'argent aux Jeux Olympiques) mais aussi la sélection féminine de football du Japon (championne du monde en 2011) ont rejoint Londres pour les JO en classe économique quand leurs homologues masculins, jamais titrés, ont eu droit à des sièges en classe affaires. Enfin, c'est au niveau des instances et des fédérations que beaucoup de travail doit encore être fait : à ce jour, une seule femme est à la tête d'une fédération (Isabelle Lamour, présidente de la Fédération Française d'Escrime).