Marie-Françoise Potereau, ancienne cycliste, est aujourd'hui présidente de l'Association FEMIX'SPORTS, qui oeuvre pour une meilleure représentation des #Femmes dans le sport. Elle a répondu aux questions de Blasting News.

Blasting News : Pouvez-vous nous présenter l'association FEMIX'SPORTS, ses objectifs et ses moyens d'action ?

Marie-Françoise Potereau : FEMIX, c'est une association qui a été créée en 1999 après les premières Assises Nationales du Sport Féminin organisées par Marie-George Buffet, alors Ministre des Sports. C'est la contraction de Femmes, Mixité et Sports. C'est à ce jour la seule association à promouvoir l'accès à la pratique sportive ainsi qu'aux responsabilités dans le monde du sport.

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Il n'y a pas presque pas de femmes dirigeantes dans cette sphère. Il y en a une seule en fait, qui est à la tête d'une fédération, en escrime. Il y a des freins et nous travaillons là-dessus. Nous travaillons aussi sur la médiatisation du sport féminin, notamment à travers les 24 heures du sport féminin qui existent depuis deux ans maintenant. Nous accompagnons également les femmes entraîneurs à candidater sur des postes à responsabilités. Elles ne sont que sept à ce jour. Nous travaillons en partenariat avec le Ministère des Sports ainsi que celui des Droits des Femmes. Nous essayons, à l'aide de modules de formation, de conférences, de séminaires, de sensibiliser et d'accompagner les femmes.



BN : Comment jugez-vous l'évolution du sport féminin, en terme notamment de représentation ou encore de salaire ?



MFP : Il y a une impression de "trop peu" ou "pas assez".

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On avance, mais mon sentiment c'est que ça ne va pas assez vite. Il a fallu attendre 97 après le droit de vote universel pour que les femmes aient le droit de voter, cela montre que tout cela prend du temps. Il faut continuer, des choses avancent, comme avec la loi du 4 août 2014 sur l'égalité entre les hommes et les femmes, et qui ne concerne pas que le domaine du sport. On avance, mais à petits pas. Il y a quand même, depuis trois ans, une prise de conscience à plusieurs niveaux. Aux Jeux Olympiques de Londres (en 2012), la délégation française comptait 40% de femmes dans ses rangs, et elles ont ramené 40% des médailles. On sent qu'avec davantage de travail et d'investissements pour encourager la pratique sportive féminine, ce serait, sur le plan sportif, un moyen d'en gagner plus. Le sport, c'est aussi un vecteur de santé, de bien être, un levier pour prendre confiance en soi. Depuis quelques années, on a aussi davantage de partenaires sociaux qui travaillent sur l'accès à la pratique.

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Par exemple, il faut oeuvrer dans les zones sensibles où 3% des filles seulement pratiquent un sport. Il ne faut pas en faire un combat féministe, mais un combat pour la mixité. Les 24h du sport féminin, qui existent depuis deux ans, constituent une impulsion qui a permis un engagement dans cette voie là.



BN : On a pu lire, à l'occasion de la finale de la LDC féminine, que les joueuses du PSG toucheraient 5 000 euros en cas de sacre européen, un chiffre ridicule comparé aux primes promises aux hommes, qu'est ce que cela vous inspire ?



MFP : Il y a des inégalités criantes, c'est sûr. Je suis ancienne cycliste, et il est évident que nous n'avons jamais eu les mêmes primes que les hommes. Il y a du chemin à faire. Au niveau olympique, cette démarche est déjà accomplie puisque les primes sont les mêmes. Il y a aussi toujours ces stéréotypes avec la maternité. Il y a des leviers à actionner, mais les choses changent, par exemple quand on voit le succès de la Coupe du Monde du rugby féminin (plus de deux millions de téléspectateurs devant la demi-finale des Françaises). Les inégalités existent aussi en terme de contrats professionnels. Au hockey par exemple, les hommes sont pro, mais les femmes pas encore. Il faut dire aussi que l'ouverture du hockey aux femmes ne date que de 1984. Encore une fois, il faut du temps, notamment pour développer les différents statuts professionnels. Il faut de l'investissement, mais aussi et surtout de l'ambiance, du monde dans les stades et dans les tribunes, comme au tennis où les filles sont de véritables pro. C'est par là que ça doit passer. #Football