Menés 2-1, avec une défaite concédée à domicile, Golden State était dans l'obligation de réagir cette nuit afin de ne pas se retrouver dans la situation inconfortable, et surtout critique, d'être à une défaite de l'élimination. Gênés par l'énergie débordante de Cleveland jusque-là, les Californiens ont saisi l'occasion de rehausser leur niveau de jeu, alors que Cleveland semblait payer tous les efforts consentis jusque-là. De quoi revenir à égalité (2-2) et vraiment relancer cette finale de playoffs.

Une adresse retrouvée, un LeBron secoué

En bon champion de la saison régulière, Golden State a réagi. Et comme les joueurs de Steve Kerr aiment bien le faire, ils ont puni leur adversaire, en témoigne l'écart de 21 points, troisième plus gros écart en finale de #NBA pour l'équipe à l'extérieur. Si Curry a repointé le bout de son nez (22 points, 8/17 au tir), le facteur X de ce match aura sûrement été la titularisation (pour la première fois de la saison) d'André Iguodala, auteur lui aussi, de 22 points (8/15 au tir).

Et pour la première fois dans cette finale, Golden State a semblé maître de son destin. En prenant le match par le bon bout, les Warriors se sont rassurés d'entrée et n'ont, cette fois, pas subi, bien au contraire. L'entraîneur de Golden State, Steve Kerr, ne s'y trompe pas : "Nous avons été plus agressifs, on a dicté le rythme de la rencontre et on les a pris de vitesse, alors que lors des trois premiers matchs de cette finale, les Cavaliers étaient les plus agressifs et les plus motivés".

Mais, attention à ne pas se méprendre, on a pas (encore ?) retrouvé le Golden State de la saison régulière. On a d'ailleurs peu vu Klay Thompson (9 points, 4/9 au tir dont 1/5 à trois points) et le jeu collectif qu'on leur connaissait jusqu'à cette finale ne semble pas encore être retrouvé. Cet écart de 21 points, on le doit aussi à la baisse de régime de Cleveland.

Une baisse symbolisée par celle de LeBron James (20 points, 12 rebonds, 8 assists) avec un pauvre 7/22 au tir et une entaille au crâne à la fin du 2ème quart-temps (blessé avec une caméra) qui n'aura sûrement pas aidé. Matthew Dellavedova n'a pas non plus été le même, lui qui avait tant harcelé le MVP Stephen Curry. Hier soir, il n'avait ni l'agressivité, ni l'adresse (10 points, 3/14 au tir), tout comme ses compères JR Smith (4 points, 2/12 au tir) et Iman Shumpert (5 points, 2/9 au tir). Une faillite collective, dans laquelle seul Mozgov aura surnagé (28 points, record personnel, et 10 rebonds), et qui s'explique, comme on pouvait le craindre, par l'état de fatigue avancé des joueurs de Cleveland.

C'est en tous cas ce qu'avance aussi leur entraîneur, David Blatt : "C'était notre troisième match en cinq jours, on a eu un long voyage pour revenir d'Oakland". Vu leur débauche d'énergie sur les matchs précédents pour parvenir à asphyxier et dominer les Warriors, cette baisse est compréhensible.

Elle confirme également que la clé de cette finale, pour Cleveland, réside justement dans leur capacité à tenir le rythme. Sans cette présence physique, Golden State aura, cette nuit, dicté le tempo du match et placé Cleveland en position de chasseur, d'outsider. Bien dommage pour les Cavs lorsque l'on sait que les Warriors étaient dos au mur et qu'une occasion en or s'offrait à eux de prendre un avantage potentiellement irrémédiable.

Les Warriors, bien que pas encore à leur meilleur niveau, peuvent donc se féliciter d'être revenu à égalité avant de retourner dans la baie, pour disputer le match suivant. Ils ont effacé l'avantage du terrain pris par Cleveland et ont désormais lancé leur finale. Stephen Curry résume d'ailleurs parfaitement la situation : "Il fallait qu'on gagne absolument ce match : on a fait moins d'erreurs et on s'est battu pendant 48 minutes. Ce n'est pas encore parfait, mais on se rapproche de ce qu'on peut faire". Et désormais, ce sont effectivement les Warriors qui voient la suite des événementsde façon positive. Les Cavaliers, eux, pourraient bien avoir laissé passer leur chance...il est encore trop tôt pour le dire mais nous aurons des premiers éléments de réponse dans la nuit de dimanche à lundi (2h du matin, heure française) lors du match 5 à Oakland. #Basket-Ball