La candidature de la ville de Paris à l'organisation des Jeux Olympiques d'été de 2024, qui ne faisait aucun doute depuis de longues semaines, est désormais officielle. Ce mardi, 150 sportifs olympiens se sont rassemblés au siège du CNOSF, le Comité National Olympique du Sport Français, en présence de nombreux politiques, parmi lesquels la maire de la capitale Anne Hidalgo : "On y va, c'est parti, paris est là, au rendez vous, on va construire une belle victoire, tous ensemble. Je veux qu'on construise cette victoire avec les jeunes, avec la métropole".



Les sportifs en première ligne



Paris ne veut pas revivre le douloureux échec du 6 juillet 2005 à Singapour, lorsque Londres avait été choisie pour accueillir les JO de 2012 par les 120 membres du CIO, le Comité International Olympique.

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Pour cette nouvelle candidature, l'accent sera donc mis sur les sportifs, qui auront pour mission de porter le projet parisien pour les deux prochaines années. Premier concerné, Tony Estanguet, triple champion olympique de slalom en canoë, membre du CIO depuis un peu moins de deux ans et porteur du projet avec Bernard Lapasset, actuel président de l'International Rugby Board : "C'est un super projet pour notre pays, les sportifs français se sont mobilisés, cette fois ci, ça va le faire. On sent qu'il y a un vraie frisson, de l'énergie, de l'émotion, de l'envie pour que ça soit notre tour". Même son de cloche du côté du patron mondial du judo, Teddy Riner, impatient d'aller chercher un nouveau titre, à domicile : "À l'annonce de Londres, tout s'est arrêté, certains avaient les larmes. Là j'y crois, on a appris de nos erreurs, mettre les sportifs en avant, c'est montrer qu'on en veut, c'est quelque chose de grand, de magique. On a envie de vivre ça tous les jours. Et à la maison, ça doit être fou, grandiose. C'est l'évènement qu'on convoite depuis toujours, c'est à nous de le raconter, de le faire partager". 



Le soutien presque unanime du monde politique



Si certains craignent le coût d'une nouvelle candidature parisienne, le monde politique soutient globalement le projet de la capitale, à commencer par l'ancienne Ministre socialiste des Sports, Valérie Fourneyron : "Il y a beaucoup d'émotion, d'envie, d'enthousiasme. En sport, on a toujours envie d'aller de l'avant, il y a des défaites, mais on veut avancer. L'enthousiasme de Paris est au rendez-vous".

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Bernard Debré, député UMP, a de son côté fait appel à la mobilisation de tous les Parisiens : "C'est d'abord porté par les sportifs, il faut aussi que ce soit porté par tous les parisiens. Nous avons déjà les infrastructures, cela ne coûtera pas trop cher, nous devons y arriver. Si nous voulons gagner, il faut que tout le monde montre son enthousiasme. Nous avons devant nous un certain nombre d'années qu'il faudra mettre à profit pour organiser les transports, l'hébergement. Tous les politiques doivent être derrière les sportifs et la maire de Paris". Enfin, le Président de la République François Hollande s'est lui exprimé sur les réseaux sociaux : "Paris 2024 sera une grande mobilisation de notre pays. Vouloir les jeux, c'est vouloir partager un grand évènement, c'est le partager tous ensemble" a-t-il ainsi twitté.



Paris, candidate idéale ?



Candidate à sept reprises, Paris n'a accueilli les Jeux que deux fois, en 1900 et 1924. Depuis, la capitale a enchaîné les déconvenues, notamment en 1992, en 2008 et en 2012.

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Et la perspective d'accueillir la grand messe du sport mondial, cent ans après son dernier rendez-vous olympique, suscite espoir et enthousiasme. D'autant plus que pour ce rendez-vous à ne pas manquer, Paris semble mieux armée que ses futures concurrentes que devraient être Boston, Hambourg, Rome et Budapest. Outre le rayonnement culturel et touristique de la ville, Paris offre d'ores et déjà un certain nombre de garanties, notamment sur le plan des infrastructures, construites à près de 80% : le Stade de France, Roland Garros, le Parc des Princes, le Palais Omnisports de Paris-Bercy sont autant de fondations solides dans le dossier parisien. L'objectif est également d'inscrire la banlieue parisienne dans le combat, à commencer par le département de la Seine-Saint-Denis, qui pourrait abriter la piscine et surtout le village olympique : "Il y a un récit, une aventure à construire avec une candidature de Paris-Seine-Saint-Denis, il y a quelque chose de fort à construire dans ce lien", estime Anne Hidalgo. Et d'ajouter, inscrivant le projet parisien sous le signe du dynamisme, de la diversité et de l'ouverture : "La Seine-Saint-Denis est stratégique. Sa population est jeune. La plupart des parents sont nés souvent ailleurs. La population a envie de s'engager". #Paris sport #Jeux Olympiques 2024



Enfin, forte de ces infrastructures déjà existantes, la candidature de Paris aux Jeux Olympiques veut couper avec les dépenses souvent pharamineuses des dernières éditions : le budget prévisionnel atteint ainsi 6,2 milliards d'euros, soit deux fois moins qu'à Londres en 2012, et une petite enveloppe comparé aux 40 milliards d'euros investis par Pékin en 2008. Un argument qui pourrait peser dans la balance, notamment lorsque l'on sait qu'Athènes paie encore aujourd'hui un lourd tribu des sommes dépensées pour l'organisation des JO en Grèce en 2004. Le compte à rebours est en tout cas lancé : l'attribution des Jeux Olympiques en 2024 sera votée à l'occasion du 130 congrès du CIO à Lima au Pérou, à l'été 2017.