Qualifié il y a peu par le journal "France em Portugal" de "pont écologique devant relier trois pays de haute tradition équestre", la Grande Chevauchée 2016 est sur le point de prendre son départ depuis l'Algarve, au sud du Portugal, jusqu'en France où l'arrivée officielle est prévue au Haras du Pin. Cette épopée d'un autre temps rencontre quelques difficultés dans sa préparation, notamment concernant le tracé des étapes. En effet, le modernisme a accéléré le morcellement des territoires et vu pousser des clôtures, autoroutes et autres obstacles en tout genre. Toutefois, ce bétonnage des espaces autrefois naturels, ne concerne que des zones industrialisées, les grands centres urbains et leur proche banlieue.

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D'une distance aller d'au moins 2000 kilomètres, il est prévu de tenir une moyenne de 30 kilomètres par jour.

 

Le rapprochement d'un cheval et de son cavalier...

 

Enchaîner les heures de marches et d'équitation est aussi un défi en soi, le métabolisme équin et humain étant sérieusement impliqués dans un exercice dont nous avons perdu l'habitude. Il fut un temps, il y a des décennies, ou la marche quotidienne faisait partie de la vie. S'y remettre aujourd'hui de manière répétitive est une autre difficulté à surmonter. Le programme quotidien prévoit de se déplacer uniquement le matin, avec un départ dés l'aube. En marchant environ 5 heures, cela permet de se poser à une nouvelle étape vers midi. Le reste du temps sera consacré au repos et pour ce qui concerne Maïka, la jument lusitanienne de 5 ans, à lui permettre de manger à sa faim jusqu'au lendemain.

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Ce sont donc des étapes courtes et qui ne s'étalent pas sur la journée. Cette durée réduite permettra à l'équipage de fournir un effort concentré, donc beaucoup plus facile à gérer. Elle aura aussi pour avantage de laisser du temps pour les rencontres et apprécier les paysages.

 

Tracer une route à l'usage des randonneurs.

 

La Grande Chevauchée 2016 va permettre de tracer une route jusqu'à aujourd'hui non balisée sur la portion portugaise. Des indications précises, des annotations sur les étapes et obstacles naturels et urbains, des précisions sur la nature du terrain, tout ceci fera l'objet d'un condensé qui sera porté à la connaissance des futurs randonneurs. Réalisée sans assistance directe, elle sera aussi le moyen de vivre intensément en contact permanent avec la nature, le seul moyen d'hébergement étant le bivouac.

 

Tout a été prévu afin de respecter une autonomie totale. Le choix de la monture n'est pas un hasard : la jument est très rustique, habituée à vivre uniquement en extérieur, n'ayant jamais connu la promiscuité d'un box, parfaitement autonome sur le choix de ses aliments uniquement composés des étendues herbeuses et des fourrages qu'elle a à sa disposition, c'est le cheval idéal pour ce type d'aventure.

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Ajouter à cela sa faculté à vivre à l'attache avec une longe de 10 mètres, quelque soit l'endroit choisi, et vous n'avez pas à vous soucier de trouver des herbages clos ou à trimbaler toute une quincaillerie destinée à parquer vos compagnons de route.

 

L'aventure, la vraie, commence là où s'arrête votre quotidien routinier...

 

Il ne faut pas forcément se rendre à l'autre bout du monde pour vivre une aventure différente. L'Europe, dans sa diversité géographique et culturelle, offre un foisonnement de possibilités. La proximité avec une nature en déclin est une manière de se réapproprier une part de soi-même. Provoquer quotidiennement notre capacité d'adaptation, sans devoir compter sur l'autre et le système, est un défi positif. Engoncés dans notre petit confort et nos habitudes, nous mourons à petit feu et il convient de réveiller nos consciences afin de se confronter à nos limites et redevenir ce que nous n'aurions jamais dû cesser d'être : des Hommes libres.

  #Union Européenne #Animaux #Espagne