Onze saisons sportives ont été disputées depuis le passage du Top 16 au Top 14 en 2005-2006. Ce resserrement de l’élite était censé augmenter l’intensité compétitive du championnat élite français de #Rugby à XV et diminuer le nombre de matchs sans enjeux sportifs.

 

En Top 14, neuf clubs différents ont été sacrés champions de France en l’espace de onze saisons disputées : Biarritz, Castres, Clermont, Perpignan, Racing 92, Stade-Français (x2), Toulon, Toulouse (x2). Seul le Stade Toulousain est parvenu à conserver son titre plus d’une année (de 2011 à 2012), symbole de l’intensité concurrentielle grandissante de notre championnat élite.

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L’objectif affiché par la Ligue Nationale de Rugby est atteint puisque le palmarès récent de notre championnat, reconnu comme être le plus disputé au monde, témoigne de son attractivité où à la fin ce n’est pas toujours le même club qui l’emporte. Pourtant, le cercle des clubs pouvant prétendre aux phases finales du championnat, et par conséquent au titre, est un cercle où la barrière d’entrée n’est plus forcément sportive mais… financière.

 

Le budget, barrière extra-sportive pour pouvoir jouer le titre

 

En effet, la phase éliminatoire de notre championnat se dispute sous la forme de rencontres à élimination directe entre les six premiers clubs du classement de la saison régulière. Sur un match, la glorieuse incertitude du sport peut réapparaître, alors que sur une saison comprenant vingt-six rencontres de championnat, les premiers du classement à l’issue de la fin de la saison régulière semblent être… les premiers du classement budgétaire d’avant-saison.

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La progression vertigineuse du budget moyen, de 9,7 millions d’euros (2005-2006) à 23,2 millions d’euros (2014-2015), soit une hausse de 139%, met en lumière une véritable course à l’armement orchestrée par les clubs disposant des mannes financières les plus importantes. Leur but commun ? Devenir compétitif le plus rapidement possible. Comment ? En recrutant stars et joueurs confirmés, rodés au haut niveau et… aux prétentions salariales élevées… Ce recrutement – renforcement – généralisé à l’ensemble des clubs de l’élite chaque intersaison constitue le principal motif de l’explosion budgétaire des clubs du Top 14 où la masse salariale brute des joueurs représente plus du tiers du total des charges des clubs.

 

Une corrélation budget/classement sportif qui ne se dément pas

 

Les clubs disposant d’effectifs pléthoriques auraient donc, avant même le début de la saison, plus de chances de faire partie des six premiers du classement final de la phase régulière du championnat. Sur les cinq dernières saisons, cinq des six premiers clubs du classement budgétaire figuraient parmi les six premiers du classement final de la phase régulière, "top 6" permettant de jouer le titre de champion de France.

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La corrélation entre masse budgétaire et classement sportif à l'issue de la phase régulière du championnat n'a cessé de s'affirmer depuis 2005-2006. Ainsi, à l’exception du Stade-Français lors de cette saison sportive, les cinq autres premiers budgets ont tenu leur rang et se sont tous qualifiés pour la phase finale du championnat.

 

Toutefois, ce n’est plus forcément le club disposant du premier budget qui remporte le titre de champion de France à la fin. Pourtant, un club ne disposant pas d’un budget compétitif lui permettant de faire partie de ce fameux "top 6" à l’issue de la saison régulière, a désormais très peu de chances de pouvoir disputer le titre en fin de saison.

 

Ovalistiquement votre.

 

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