Le cheval, cet ami depuis une éternité, est encore trop souvent un souffre douleur, fréquemment sous couvert de traditions. Nous n'avons plus l'excuse aujourd'hui du manque d'information, du déficit d'études et d'analyses. L'échange des expériences et les résultats qui en découlent circulent librement et n'excusent plus aucune lacune en matière de connaissances se rapportant aux bons et mauvais traitements des chevaux. Il y a un non sens à prétendre avoir la main douce quand on communique ses ordres à une bouche soumise à la présence d'un instrument contraignant.

 

D'aucuns diront que l'utilisation d'un matériel très contraignant est indispensable en vue d'obtenir de "parfaits" résultats.

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On peut se poser la question de savoir si dans ce cas de figure il ne s'agit pas tout simplement pour le cavalier de palier à ses propres lacunes. La monte sans mors est une question de patience, uniquement. Alors que les cavaliers d'un très bon niveau laissent entendre qu'une reprise de dressage sans mors est inenvisageable, nous pourrions imaginer que cette discipline soit à l'affiche, mettant en exergue les véritables méthodes douces du débourrage, la patience et la véritable dextérité du cavalier et le sens développé de l'amour qu'il voue à sa monture. Il faut tout de même mesurer ces propos et ces idées, ne pas tomber dans les excès d'une éthologie extrémiste et plus destructrice que constructive. D'autant plus lorsqu'ils s'adressent à une population infantile dont les jugements sont dictés par des emballements sentimentaux et non par un recoupement d'expériences vécues.

 

Je reste convaincu qu'un cheval peut apporter à son cavalier tout le meilleur de lui-même, que ce soit monté ou attelé, à la simple condition que l'on accepte d'y consacrer temps et patience.

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Pour ma part j'ai débourré ma jument de cinq ans Maïka, pendant les mois de décembre et janvier passés. Cette jument lusitanienne n'avait rien connu d'autre qu'un immense herbage en bord de mer, toujours à l'attache comme ses congénères. Elle n'avait aucune idée de ce qu'était de marcher sur du bitume ou des graviers, aucune idée du brouhaha des villes et villages. Fin Juin je partais avec elle pour un périple qui m'a amené depuis la plage où je vie (sud du Portugal) jusqu'à Bragança, ville de l'extrême nord du Portugal, soit un trajet de 895 kilomètres. J'ai décidé de faire cette route à pied, ma jument en main. Elle a tout assimilé en chemin, avec beaucoup de patience et de douceur: la présence des camions et leur passage à nos côtés en nous rasant, la traversée de villes et de villages avec tout ce que cela comporte, le passage de ponts et de barrages, de gués... La patience et la douceur doivent impérativement être les dénominateurs principaux du partage qui mènera à la complicité, donc aux résultats escomptés. Soyons doux avec eux, et ils développeront l'envie de nous faire plaisir. 

  #Hippisme #Equitation