Aziz Yildirim, président du club Fenerbahçe, considère que, via son rival Galatasaray, l’UEFA avait été placée sous l’influence de l’organisation terroriste Fetö, tenue pour responsable du coup d’État militaire. Par conséquent, l’UEFA devra, selon lui, effacer les dettes du club qui s’élèvent à plus de 200 millions d’euros. CQFD.

Yildirim a exigé que la justice turque se penche sur les finances de Galatasaray et celles de la FTF (Fédération turque de #Football). Les deux auraient été infiltrés, dès 1998, par le mouvement Gülen, et se seraient ligués contre Fenerbahçe, influant sur diverses décisions de l’UEFA (notamment relatives à des matches truqués).

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Le président de Fenerbahçe a donc annoncé qu’il porterait plainte contre la fédération et l’UEFA. « Nous ne demanderons pas 40 ou 50 millions (…) Nous avons une dette de 200 millions, nous allons la recouvrir totalement en raison des conspirations montées contre nous (…) L’UEFA a commis sa plus grande erreur en nous écartant de la Ligue des Champions ».

Vieilles rancœurs

Ce club, pour lequel Nicolas Anelka et des dizaines de joueurs internationaux de premier plan ont joué, et ayant vaincu Manchester United à domicile en 1996, a été 18 fois champion national. Son stade peut accueillir plus de 50 000 spectateurs. Son président et ses autres dirigeants ont été acquittés de diverses accusations de #Corruption, remontant aux débuts des années 2010, par la Haute Cour pénale de la capitale. Mais Yildirim avait auparavant purgé une année de détention.

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« Tous les championnats depuis 1998 doivent faire l’objet d’une enquête », a-t-il déclaré, confiant que les investigations établiront des liens entre Galatasaray et le Fetö. Excusez-le du peu : le Fetö était décidément de toutes les parties !

Un joueur de Galatasaray, Uğur Tütüneker, qui réside en Suisse, a reconnu avoir été contacté par le Fetö. Il a promis de revenir s’expliquer en #Turquie et de dénoncer diverses machinations. D’anciens joueurs de football, dont le champion Hakan Sukur, d’autres en activité, font actuellement l’objet de poursuites et mandats d’arrestation.

Le président de Fenerbahçe, qui s’exprimait sur la chaine pro-gouvernementale NTV (en fait, seules de telles chaînes ou radios subsistent à présent en Turquie), a-t-il ouvert la boîte de Pandore ? Tout club turc peut tenter d’accuser des adversaires de liens avec le Fetö, soit pour obtenir que des joueurs soient empêchés de jouer, soit pour obtenir d’aléatoires réparations financières.

D'autres clubs visés ?

Pour le moment, le club Besiktas, qui affrontera Benfica le 13 septembre prochain, puis peut-être Naples et le Dynamo de Kiev, n’est pas encore visé.

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Il chercherait à recruter le Franco-Algérien Samir Nasri (actuellement à Manchester United). De nombreux joueurs internationaux de divers pays jouent pour les trois principaux clubs turcs. Les développements des purges, qui touchent aussi des entreprises parrainant des équipes, et bien sûr des médias, pourraient avoir des incidences indirectes sur leurs contrats ou leurs prolongations. Mario Gomez, de Betsiktas, a déjà quitté le club. Il a été remplacé par Vincent Aboubakar (FC Porto et précédemment Lorient).

Tout début août dernier, la Fédération turque de football avait été contrainte de licencier près d’une centaine de ses membres, dont des arbitres, tandis que l’ensemble des dirigeants démissionnait.

Toutes ces accusations et bouleversements n’empêcheront pas le président russe Vladimir Poutine d’honorer de sa présence un match amical entre les formations russe et turque à Antalya, mercredi 31 août.