Au départ, Gérard Houiller devait occuper un poste beaucoup plus important au sein de l'état-major Lyonnais. Aulas le voulait comme manager général du club. Mais le technicien n'a pas pu répondre favorablement à cette demande  en raison de problèmes de santé. Désormais, il s'occupe tout de même des questions techniques et fait le lien entre les équipes premières de l'OL et son président. Un rôle de conseiller amélioré. Seulement, Jean-Michel Aulas a déjà un "bras droit" en la personne de Bernard Lacombe. Et ce n'est un secret pour personne, Houiller et Lacombe se détestent. Déjà, lorsque le premier était entraîneur entre 2005 et 2007, les relations étaient "compliquées".

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Le second est une figure historique du club et il pèse lourd auprès des supporteurs Lyonnais. On peut donc imaginer ce qu'il a ressenti quand Aulas a pris la décision de rappeler Houiller l'année dernière. Plus qu'un désaveu, c'est un coup de poignard pour Lacombe qui, même s'il est conservé, voit ses fonctions restreintes. Désormais en charge des légendes du club, il est un peu plus en retrait depuis le début de saison. Il en fallait donc peu pour (re)mettre le feu aux poudres.

Une guerre d'ego inévitable à l'OL

La semaine dernière, Houiller décide de s'adresser aux médias, fait rarissime depuis sa prise de fonctions. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne va pas faire dans la dentelle. En revenant sur le transfert avorté d'Adebayor à l'#OL (proposé par Houiller) il y a quelques semaines, le technicien a donné son avis sur la question.

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Même s'il s'est montré clément avec Génésio, l'actuel coach Lyonnais qui a refusé au dernier moment la venue du Togolais, il l'a moins été envers Florian Maurice, recruteur du club. Ce dernier est le principal artisan de la venue de Jean-Philippe Mateta, jeune attaquant de 19 ans en provenance de Châteauroux, à la place d'Adebayor. "C'est Florian Maurice qui nous l'a signalé". Avec cette phrase, Houiller se décharge de toute responsabilité concernant ce transfert que certains considèrent comme excessif (presque 5 millions d'euros avec les bonus) et inapproprié. Enfin, la dernière intervention est pour Lacombe : "Je crois que Bernard a souhaité prendre du recul avec le club. Il s'occupe surtout des anciens joueurs"...Une manière de souligner que son ennemi intime ne pèse plus très lourd.

Aulas va-t-il devoir choisir ?

Suite à cette intervention, les réactions n'ont pas manqué, Lacombe en tête. Hier, il répond publiquement et sèchement à Houiller. "Il est plus professeur d'Anglais que joueur...moi, j'ai mouillé le maillot pour l'OL...il a été champion deux fois ici avec des joueurs que j'ai fait venir...".

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Bref, une succession d'attaques et de phrases qui commencent par "Moi, je". Pour résumer, Lacombe avoue qu'il a certes moins d'influence en ce moment mais qu'il n'est pas étranger à la réussite du club. Il précise également ne pas avoir apprécié cette fameuse interview, notamment les propos tenus sur Maurice et Génésio, histoire de se faire des alliés. Les tensions sont donc réelles et publiques, mais ne surprennent finalement personne à Lyon. Alors pourquoi Aulas a-t-il pris ce risque ? Le président Lyonnais devait bien se douter que les deux hommes allaient tôt ou tard se rentrer dedans. Est-ce une volonté stratégique de s'entourer de deux personnes ayant des visions contradictoires pour avoir une vision plus globale de son club ? Ou Aulas n'a-t-il simplement pas osé évincer directement Lacombe en raison de son statut ? La deuxième option semble en effet plus plausible. S'en séparé aurait été préjudiciable pour le président Lyonnais, auprès des fans comme des anciens. Reste à savoir maintenant comment les choses vont évoluer entre les deux conseillers.  Nul doute que ces sorties médiatiques n'ont pas dû plaire au boss de l'OL, qui en ce moment se concentre sur ses difficultés à la LFP. Si le conflit perdure, il va devoir remettre de l'ordre dans la maison. Peut-être même devra-t-il choisir ...? #Football #Ligue 1