C'est reparti... Le nom de Benzema refait une nouvelle fois surface dans les médias puisque le président de la FFF a annoncé qu'il pouvait être rappelé en équipe de France. Paradoxalement (ou non), cette déclaration intervient à un moment où les Bleus n'ont jamais semblé autant en mesure de se passer des services du Madrilène. Effectivement, entre l'histoire désastreuse de la sextape et aujourd'hui, il y a eu l'Euro. Et pendant ce tournoi, il se passe quelque chose. L'équipe française redonne espoir à tout un pays.  Au-delà de la réussite sportive, Deschamps et ses hommes retrouvent un public, comme si cet été marquait enfin la fin d'une longue période de désamour suite au scandale de Knysna en 2010.

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Ce nouveau groupe, incarné malgré lui par Antoine Griezmann, plaît davantage et obtient des résultats. Mais cette réconciliation paraît encore extrêmement fragile. Le retour de Karim Benzema risquerait donc de casser cette dynamique positive pour plusieurs raisons.

Karim Benzema inexcusable ?

Qu'on le veuille ou non, le nom de Benzema sera toujours associé à cette sombre histoire de sextape. Une affaire qui (en plus d'avoir brisé la carrière de Valbuena) a bien failli gâcher ce long et complexe processus de réconciliation entre le groupe France et son public. La rancune est tenace, encore plus depuis 2010. Déjà impopulaire, le clash entre l'attaquant Madrilène et l'opinion publique atteint son paroxysme à neuf jours du début de l'Euro, quand sort dans la presse sa fameuse interview où il explique que "Deschamps aurait cédé à une partie raciste de la France" et décider de ne pas le sélectionner.

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Pour beaucoup, c'est la goutte d'eau. Ces déclarations agitent encore un peu plus le climat nauséabond qui règne dans le contexte du moment, et mettent en danger la préparation de ses coéquipiers ainsi que le travail de Deschamps. Le sélectionneur sera d'ailleurs directement visé (sa maison sera taguée du mot "raciste") et très affecté par cette histoire. Heureusement, le début d'incendie sera vite maîtrisé, mais il aurait pu faire beaucoup de dégâts. Qu'on soit pour ou contre Benzema, qu'on soit d'accord ou non avec lui, il faut reconnaître que le timing était vraiment mal choisi. 

À Madrid, Karim Benzema est différent

Mais concentrons-nous sur l'aspect sportif de la chose. Oui, Karim Benzema est bien l'un des plus grands attaquants européens, sans aucun doute. Il est titulaire au Real de Madrid depuis plus de 5 ans, donc tout est dit. Mais chez les Bleus, il n'a jamais convaincu. Chacun a sa propre théorie sur les raisons de ce constat. Une chose est sûre, il a un rôle différent en Espagne.

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Là-bas, il a eu l'intelligence de se mettre dès son arrivée au service du collectif, ou plutôt de Cristiano Ronaldo. Cette proximité avec le Portugais lui a sans doute permis d'atteindre ce niveau. En équipe de France, c'était à lui d'endosser ce rôle de leader car il a longtemps été au-dessus du lot, sportivement parlant. Est-ce qu'il n'a pas su s'adapter à ce statut ou est-ce qu'il n'en voulait pas ? Quoiqu'il en soit, il n'a jamais prouvé cette supériorité sur le terrain, alors qu'elle était légitime. Et il faut dire que les performances des Bleus sans Benzema ne jouent pas en la faveur de son retour en sélection. Désormais en route vers le futur, il n'y a pas de raison pour  que Deschamps opère des changements majeurs au sein de son effectif, surtout pendant une campagne de qualification à la coupe du monde. Un jour, peut-être, en amical... La présence en Bleu de Karim Benzema a fait et fera toujours parler. Au-delà des critères extra-sportifs, on constate que l'équipe de France s'est épanouie pendant l'Euro et a obtenu des résultats sans sa star Madrilène. Qu'on soit pro ou anti-Benzema, son retour représente bien un risque pour le sélectionneur, surtout Didier Deschamps. Même s'il est désormais sélectionnable, le passé a laisser des traces. Sont-elles indélébiles ? C'est finalement toute la question... #Football #Equipe de France #Euro 2016