Hier (6 novembre 2016), on apprenait qu'un pensionnaire de #Ligue 1 (encore) venait d'être racheté par de riches actionnaires, à grande majorité chinois. L'AS Nancy Lorraine sera donc lui aussi sous pavillon étranger la saison prochaine. Jacques Rousselot, l'emblématique dirigeant (et futur président d'honneur) justifie son choix avec des chiffres. 100 à 120 millions d'euros, c'est la somme que les nouveaux repreneurs souhaiteraient investir dès leur arrivée, en plus des 20 millions déboursés pour la vente. L'objectif est de faire de Nancy "une place forte du #Football français". Le projet sera mené par Cyril Guth, un homme d'affaires français basé à Dubaï, entouré donc a priori de riches collaborateurs chinois.

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Après le rachat du PSG par QSI (Qatar), les investisseurs étrangers n'hésitent plus à venir en Ligue 1 désormais, avec la Russie pour Monaco, les États-Unis pour l'OM de Franck MC Court et bientôt le Luxembourg pour Lille avec Gérard Lopez. Des rachats plus récents que dans les grands championnats européens, logiquement plus attractifs (Angleterre, Espagne). Un secteur d'activité où les Chinois se montrent particulièrement actifs, et pour cause.

La Chine, objectif 2026

Le pays a décidé de postuler à l'organisation de la coupe du monde 2026. Une candidature qui a de grandes chances d'aboutir. Il faut dire que les Chinois ont "mis le paquet" pour être à la hauteur de l'évènement. À grands coups de millions, les clubs ont acheté des stars du foot international pour augmenter le niveau du championnat national.

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Ainsi, tous les ans, des sommes records sont dépensées sur le marché des transferts par les riches clubs comme Guanghzou Evergrande, le Jiangsu Suning, l'Hebei China Fortune pour attirer les Lavezzi, Gervinho et autres Jackson Martinez. En plus de ses têtes d'affiches, le pays s'est aussi concentré sur la formation des jeunes talents. Des immenses centres d'entraînements, à la pointe de la modernité, ont été construits pour que la sélection de 2026 soit compétitive, avec pourquoi pas un ou deux futur Messi Chinois. Mais le projet ne s'arrête pas à l'échelle nationale. Les riches investisseurs du pays ont profité de la crise financière européenne pour s'implanter. Ainsi, ils sont présents en Italie (Inter Milan, Milan AC etc...), en Angleterre (Hull City, Aston Villa ...), en Espagne (Atletico Madrid ...), en Allemagne (Herta Berlin...) et donc maintenant en France (Nice à 80 %, Lyon à 20%, Nancy et des clubs de Ligue 2...). En peu de temps, la Chine s'est installée dans l'Europe entière.

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Le but, à moyen et long terme, est de promouvoir le pays mais aussi d'acquérir un savoir-faire en matière de formation. En 2026, la Chine souhaite donc clairement devenir l'une des principales puissances du football mondial. Des ambitions à la hauteur des investissements. 

Les limites du foot business 

Alors, faut-il se féliciter de l'arrivée massive de ces milliardaires en Ligue 1 ? Pour nous, simple amateur de football, ça ne peut être que bénéfique. Le niveau de notre championnat va sensiblement évoluer grâce aux nouveaux capitaux, et le PSG aura des concurrents de taille. Mais attention, les contes de fées tournent parfois au fiasco. Prenons l'exemple de Grenoble, club de Ligue 2 racheté par des Japonais en 2005. L'histoire commence bien, avec une montée en Ligue 1 en 2008 et la construction d'une superbe et vaste enceinte ultra-moderne, le stade des Alpes. Mais le club ne restera que deux saisons dans l'élite et la chute sera vertigineuse. Après avoir perdu tous ses meilleurs éléments, Grenoble se retrouve relégué sportivement en national en 2011, puis administrativement en CFA 2. Les investisseurs ont déserté et le club qui, endetté, perd finalement son statut pro (aujourd'hui en CFA). D'autres exemples sont à retenir, avec l'expérience Mammadov à Lens, ou "le flop Saoudien" à Sedan. Riche héritier, conglomérat ou fonds d'investissements, il y aura toujours un risque. Malgré tout, l'argent n'a pas fini de gouverner... #OM