En l'espace de 4 jours, la position d'Unai Emery au sein du PSG a considérablement évolué, dans le sens négatif du terme. Même s'il ne faisait pas forcément l'unanimité depuis son arrivée, une troisième place en championnat et une qualification en ligue des champions lui permettait de conserver une certaine légitimité. Capable par exemple d'aller gagner à Lyon il y a 10 jours, certains observateurs se montraient même rassurants, en rappelant qu'il fallait du temps pour construire une équipe (un paramètre qui ne s'applique pas forcément à tous les clubs...). Seulement, quand on arrive à prendre un 3-0 à Montpellier et qu'on enchaîne avec un match nul 2-2 à domicile face à un club Bulgare au mois de décembre, force est de constater que le mal est plus profond.

"Je suis inquiet"

Et la sonnette d'alarme, c'est Emery lui-même qui va la tirer hier, en conférence de presse.

Publicité
Publicité

En avouant être inquiet, l'Espagnol a sans doute fragilisé encore un peu plus son statut dans l'esprit des dirigeants Qataris. Des paroles qui résonnent comme un aveu de faiblesse. L'an dernier, Hervé Renard, coach de Lille, avait déclaré après une défaite "ne pas avoir (actuellement) de solutions" pour redresser la barre du club en championnat. Il fut licencié trois jours plus tard.

Au-delà des résultats, qui restent acceptables, c'est le jeu produit par l'équipe qui laisse perplexe. Elle n'a jamais été en progrès depuis le début de la saison, comme on a pu l'entendre ici et là. Les joueurs cadres comme Di Marià, Lucas, Thiago Motta et Aurier sont en perdition. Pire, Thiago Silva et Marquinhos (meilleurs centraux du monde ?) sont également méconnaissables depuis quelques matchs. Au final, c'est le collectif qui sombre.

Publicité

L'entraîneur est-il le premier responsable ? Il faut reconnaître que les choix d'Emery sont parfois "surprenants". La gestion de Ben Arfa, les changements de systèmes à répétition, le manque de "turn over" (pourtant prôné cet été) et une autorité peu évidente dans le vestiaire sont des facteurs qui ne jouent pas en sa faveur. Hier, par exemple, comment peut-on interpréter les remplacements des deux latéraux en cours de match, alors que le #PSG est mené ?

À quoi sert Kluivert ?

Même si Emery est donc "critiquable", il n'est certainement pas responsable de tous les "maux". Les dirigeants du PSG se sont trompés cet été. Niveau recrutement, Ben Arfa et Jesé ne jouent pas (ou peu), Krychowiak n'arrive pas à s'adapter, Cavani n'a pas de doublure etc...Qui aurait pu croire que le meilleur parisien en décembre serait Rabiot, et que son absence se ferait autant ressentir ? Nasser et ses supérieurs doivent donc se pencher sur la question dès cet hiver.

C'est peut-être là que nous verrons si Patrick Kluivert travaille réellement au PSG... Nommé directeur du #Football en septembre, on se demande encore aujourd'hui quelle est la nature exacte de sa fonction, qui se limite paraît-il aux "relations publiques" (et surtout nocturnes) du club.

Publicité

Enfin, les dirigeants Qataris vont aussi devoir s'interroger sur l'apport réel de certains joueurs, plus particulièrement "les anciens". Au mois de juillet, ils parlaient de nouveau cycle, symbolisé par le départ d'Ibrahimovic et de Laurent Blanc. Qu'en est-il du niveau des joueurs présents depuis le début de l'ère QSI (ou presque) ? N'y a-t-il pas aussi un problème d'attitudes ? Ont-ils un avenir à Paris ?

Car les joueurs sont eux aussi responsables. Les sommes colossales investies et les contrats faramineux signés par certains semblent encore plus "démesurés" et injustifiés actuellement. Di Marià par exemple, ciblé par la presse, à juste titre, est bien loin de satisfaire les exigences du début, tant par ses performances sportives que par son attitude.

Pour l'instant, le PSG doit se concentrer sur le match de dimanche, face à...Nice. Emery joue-t-il sa tête face au leader du championnat ? Il joue gros en tout cas... #Champions League