Quatre buts en douze matchs de championnat cette saison. Des statistiques qui n’ont pas de quoi impressionner Diego Costa, leader du classement des buteurs de Premier League avec 12 buts en 15 matchs, et pourtant. A 30 ans, l’attaquant de Manchester City étonne et détonne chaque année un peu plus dans la sphère #Football. Son histoire n’est pas glamour, elle est humaine. Il grandit au sein d’une famille très modeste à Sanlúcar de Barrameda, petite ville située à 50 kilomètres de Cadiz sur le littoral Andalou (un père inconnu et une mère qui effectuera plusieurs passages en prison), Manuel Agudo Duran, de son vrai nom, a été élevé par ses grands-parents, avant de prendre en charge ses frères et sœurs.

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Ses « abuelos » (les grands-parents) lui inculqueront des valeurs très simples de la vie comme celle du partage et du travail. Le travail justement, il en est question à partir de ses 13 ans. Pas vraiment bon élève, ni assidu en classe, il rentre précocement dans le monde du travail en effectuant des tâches dans une boucherie le matin pour venir en aide financièrement à sa famille. Jouer au ballon passe après. Pourtant, chaque jour un peu plus, l'ambition de devenir un joueur professionnel prend de l'épaisseur et devient sa priorité jusqu’à ce que son club de cœur, le FC Barcelone le repère et le recrute. Doué techniquement, habile dans les petits espaces, l’ancien de Grenade a appris ça dans les ruelles de son village. Lui ne joue pas à la Playstation, non, il trimballe sa petite carcasse et tâte le cuir avec ses amis.

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Barcelone, le déclic

A vingt-deux ans, il intègre donc le Barça et signe son premier contrat professionnel. Luis Enrique est alors l’entraîneur de l’équipe et la rencontre des deux ibériques créera un déclic dans la tête du buteur. L'actuel entraîneur de Barcelone marquera de son empreinte le petit nouveau en lui montrant la voie du professionnalisme. Néanmoins, il reste cependant scotché à l’équipe B. Trop fort pour cette équipe, pas assez pour former une doublette avec l’Argentin Messi. Las, il décide de rejoindre en 2011 le Portugal et plus précisément Lisbonne où le Benfica flaire la bonne affaire. Prêté à Grenade en janvier 2013, il sera transféré définitivement au Celta Vigo en juin 2013 pour enfin poser ses valises et montrer aux yeux de l’Europe tout son talent. En trente-cinq matchs disputés, il affiche des statistiques intéressantes : treize buts et huit passes décisives. Malgré son nouveau statut de joueur prolifique, il n’oublie pas les siens et notamment ceux qui ne sont plus là.

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Après chaque but catapulté dans les filets, il a une pensée pour son grand-père, Manuel, en pointant les doigts vers le ciel.

La saison suivante sera équivalente en termes de chiffres, mais il s’impose désormais comme un leader de l’équipe par ses buts mais aussi par son comportement au sein de l’effectif, toujours exemplaire. Le sélectionneur espagnol Vicente del Bosque ne s’y est pas trompé puisqu’il est appelé pour la première fois dans la sélection lors du match amical opposant la Roja à l’Allemagne le 18 novembre dernier (0-1). Nolito est désormais en paix avec lui-même. Un modèle de persévérance et d’humilité que l’#Espagne apprécie.

Depuis le mois d'août dernier, l'attaquant de poche s'est envolé pour un des meilleurs clubs du monde : Manchester City. Principalement remplaçant depuis son arrivée en Angleterre, il s'intègre petit à petit au "football total". Son nouvel entraineur, Pep Guardiola, catalan pur sang, poursuit le travail commencé par Luis Enrique en le polissant tel un diamant. L'Espagnol brille déjà, il espère s'illuminer.