Un accusé condamné à trois ans ferme, un autre acquitté. Pour la famille de Yann Lorence, battu à mort en février 2010 à l'âge de 37 ans, le verdict est "écouerant". Même si de nombreuses zones d'ombre planent encore sur ce qui s'est réellement passé ce soir-là, le père de la victime ne comprend pas comment on peut être reconnu coupable et condamné à seulement trois ans, au vu de la gravité des faits. Quant au procès, il s'est déroulé dans un climat nauséabond, ponctué par l'agression d'un témoin, symbole de l'animosité et du sentiment de revanche qui règne encore entre les deux groupes d'ultras du #PSG.

Auteuil vs Boulogne

Car c'est bien à cause d'une histoire de "kop" que Yann Lorence est mort.

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D'un côté Boulogne, fondé à la fin des années 70 et qui se revendique comme le collectif de supporteurs historiques du PSG, et de l'autre Auteuil, qui a vu le jour il y a environ 25 ans. L'un est réputé pour son nationalisme extrême, alors que l'autre se veut "cosmopolite". À ses débuts, Lorence était un membre "actif" de Boulogne, connu pour ses actes de violence depuis sa création. La rivalité entre les deux kops s'accentue au début des années 2000, lorsqu'une faction d'Auteuil, alors pacifiste, décide de se positionner également sur le terrain de la violence. Voilà comment des supporteurs d'un même club vont parvenir à s'entretuer. En 2010, Lorence avait 37 ans. Selon ses proches, il s'était "rangé", comme on dit. Il essayait même parfois de calmer les esprits entre les différentes bandes lors des échauffourées.

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Quel rôle a-t-il joué ce soir-là, dans les affrontements qui ont eu lieu entre Boulogne et Auteuil, deux heures avant le coup d'envoi de PSG-OM ? Les enquêteurs n'ont encore, à ce jour, apporté aucune réponse. On sait juste que "Nounours", tel qu'il était surnommé, avait consommé beaucoup d'alcool avant de se rendre à proximité de l'endroit où les deux bandes avaient prévu de "s'expliquer". Car le rendez-vous était bel et bien planifié. 2000 policiers avaient même été mobilisés, un déploiement qui n'aura pas suffi pour gérer les débordements. Lorence a donc perdu la vie ce 28 février 2010, roué de coups par une trentaine de personnes.

Un inquiétant parfum de vengeance

Seuls deux individus se sont retrouvés dans le box des accusés, six ans après les faits. Il apparaît donc, après ce procès, que Romain L. ne faisait pas partie des agresseurs présumés, et que Jérémie B. n'a pas porté les coups fatals. On sait également que la tension n'est pas retombée entre les deux kops rivaux, loin de là.

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En effet, l'homme qui devait venir témoigner durant le procès sur les conditions du drame, a été agressé devant le palais de justice, alors qu'il venait chercher sa convocation. Il a donc renoncé, craignant pour son intégrité physique, voire plus. Par vision conférence, ce dernier a indiqué que la quarantaine de personnes qui l'attendait étaient "clairement" de Boulogne.

Doit-on s'attendre à d'autres victimes dans le futur ? Le PSG aurait-il dût attendre la fin de ce procès avant d'entamer des discussions avec les ultras concernant un possible retour au Parc des princes (le "plan Leproux" était apparu après le décès de Lorence, interdisant l'accès aux stades des ultras) ? Beaucoup de questions se posent, et on ne peut pas dire que le déroulement du procès, et son verdict, ont amené des réponses et engendre l'optimisme.

À revoir dans "Sport & Faits divers : la disparation de Pierre Bianconi, footballeur Corse". #Sport #Fait divers