Le #Rugby français, qui pendant longtemps s'est volontairement démarqué de son voisin du football, observe pourtant une évolution similaire dans le domaine économique et financier. Pointé du doigt, le "foot-business" est désormais une réalité qui semble inspirer beaucoup d'acteurs majeurs du monde de l'ovalie, bien décidés à "vivre avec leur temps". Les dérives sont-elles inévitables ?

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Bien entendu, tous les chiffres et sommes d'argent qui circulent dans le rugby ne souffrent d'aucune comparaison avec les millions du football. Il existe encore plusieurs 0 de différence, sur les transferts de joueurs entre autres.

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Malgré tout, beaucoup d'éléments laissent penser que le fossé est destiné à se rétrécir dans les années à venir.

Au vu de la "conjoncture actuelle" dans le Top 14, avec par exemple l'entrée en bourse du RCT de Boudjellal et les recrutements prestigieux de Lorenzetti (Racing) et d'Altrad (Montpellier), la tendance est claire : l'argent est important. Grâce à l'explosion des droits TV, les clubs sont de plus en plus puissants, et les joueurs de plus en plus riches. Tant mieux pour eux et tant mieux pour nous, car le spectacle offert est de qualité dans notre championnat que l'on surnomme parfois la "NBA du rugby". Mais cette dépendance financière est-elle compatible avec ce #Sport ?

Car le rugby, c'est plus qu'un jeu. Dans certaines régions de France, c'est une véritable culture, un art de vivre.

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Dès le plus jeune âge, on enseigne aux gamins des valeurs de solidarité, d'engagement et d'honneur. On se bat pour le maillot que l'on porte, tel est le message. Des caractéristiques qui paraissent bien loin du star-système, des millions et des paillettes.

Goosen, trop gourmand

Une frontière semble exister en tout cas. Prenons pour exemple le cas de Johan Goosen, le Sud-Africain du Racing 92, récemment élu meilleur joueur du Top 14 .

Suite à cette récompense, sa première pensée a été pour son président, à qui il a immédiatement demandé une importante augmentation salariale, alors que celui-ci venait de renégocier son contrat à prix d'or (jusqu'en 2020). On apprend aussi que Goosen avait proposé à son employeur de mettre sa carrière internationale entre parenthèses en échange d'une belle prime, qu'il a obtenu avant de rejoindre... les Springboks pour jouer le 4 nations. Apprenant le conflit, Altrad (MHR) entre dans la danse et courtise le joueur en lui proposant de doubler son salaire.

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Ce dernier, en accord avec ses agents (présents aussi dans le rugby...) souhaite désormais partir, sans à aucun moment se préoccuper du maillot qu'il porte. Et ça, ses coéquipiers ne l'ont pas du tout apprécié, et ils l'ont fait savoir à l'intéressé... Menacé de poursuites judiciaires par Lorenzetti et écarté par ses entraîneurs, il se retrouve désormais isolé de toute part, et son avenir de joueur professionnel est bien flou.

Pour l'ensemble du club, Goosen a donc "dépassé les bornes". Pour d'autres, il a juste fait monter les enchères, pratique courante dans le football. Est-ce le premier d'une longue liste de Rugbyman ? L'avenir nous le dira.

Laporte veut "faire du fric" avec les Bleus

Malgré ces limites, la réalité économique existe. Et le nouveau président de la FFR (Fédération Française Rugby) entend bien profiter du "système". Il souhaite tout d'abord vendre le maillot de l'équipe de France à un sponsor afin de récolter une belle manne financière (comme l'ont fait les All blacks et la majorité des autres nations). Il veut aussi "mettre en avant" les internationaux sur le plan médiatique, à des fins commerciales, ce qui agace profondément Guy Novès, le sélectionneur.

Pour se justifier, Laporte rappelle juste que "c'est dans l'air du temps". Pour d'autres, c'est "dénaturer" le rugby français.

Tous ces éléments prouvent que l'argent est devenu une nécessité dans ce sport, mais que son pouvoir reste "relatif". Doit-on s'attendre à parler un jour de "Rugby Leaks" ? Là encore l'avenir nous le dira... #Montpellier sport