L'objectif de Francine Mayran, qui oeuvre, depuis de nombreuses années pour contrer l'indifférence et l'oubli, réside dans la transmission et l'éveil des consciences, afin que les drames de l'Histoire ne se répètent pas.

Peintre et psychiatre, l'artiste, née à Strasbourg, se fait passeur de mémoire et redonne la voix à ceux qui ont disparu. Derrière chaque toile, on appréhende des destins individuels de femmes, d'hommes et d'enfants dont la vie fut arrachée dans l'horreur absolue des camps.

Ces histoires individuelles sont entrées dans l'Histoire de l'humanité avec un grand H. Ces visages aux yeux qui semblent chercher notre regard nous empêchent de glisser dans la quiétude de l'oubli. "L'oubli" qui serait "une deuxième mort", accuse, à juste titre, Francine Mayran.

Tout ce week-end, on pourra découvrir également sa nouvelle exposition intitulée "Et pourtant survivre et... transmettre" en partenariat avec le CRIF-Alsace à l'église Saint-Guillaume à Strasbourg.

Inlassable, Francine Mayran, qui se sent investie d'un devoir de mémoire, a créé un véritable parcours européen avec plus de quarante expositions présentées en Europe à ce jour. (www.parcoursdememoire2008-2016)

L'ensemble de ces oeuvres sera par la suite exposé en avril 2015 à l'Hôtel de Ville de Saint-Mandé à Paris.

L'artiste poursuit une quête qui donne sens à son oeuvre et recherche toujours de nouveaux lieux pour témoigner de l'indicible dans un monde où la fuite en avant tend à banaliser le mal...

N'oublions pas les visages d'Anne Frank, de Primo Levi mais aussi ceux des tziganes, des témoins de Jéhovah, des homosexuels, ceux également des victimes des récents génocides au Rwanda!

Francine Mayran est une sentinelle qui veille et dont les toiles n'ont de cesse d'interroger l'indifférence et "les traces indélébiles de la Shoah" ainsi que tous les génocides qui mettent à mal ce que nous appelons nos civilisations. Rappelons-le ici, le devoir de mémoire incombe à chacun d'entre nous, il en va de la survie de l'humanité et des ses valeurs. #Strasbourg culture