La Ville de Strasbourg rend hommage à une figure exceptionnelle qui a marqué toute la génération d'après-guerre. Germain Muller, fervent admirateur de Charles Trenet, s'investit dès 1946 dans la création d'un cabaret satirique aux côtés de Raymond Vogel.

D'abord installé à l'Aubette, le Barabli (parapluie) se produit ensuite au Théâtre du Cercle (place Broglie à Strasbourg). Très vite ce théâtre rhénan rencontre un public fidèle qui trouve dans les spectacles de Germain Muller un moyen d'exorciser les souffrances identitaires des Alsaciens liées aux incompréhensions dont ils se sentent victimes.

Le Barabli devient alors une grande famille où Germain Muller dirige sa troupe avec générosité. Les musiques sont composées par Mario Hirlé, les costumes sont d'Inès Wagner, les décors et illustrations de Richard Schall et d'André Wenger, les chorégraphies sont de Roland April et de Jean Garcia. Il associe également sa maman Augustine, sa cousine Rose-Marie Wilhelm dans la gestion administrative, sans oublier son épouse Dinah Faust!

Plus de quarante-cinq revues sur des sujets d'actualité locale, nationale ou internationale sont données dans toute l'Alsace où Germain Muller est considéré comme un acteur et un humoriste mais aussi comme un homme engagé au service de sa région.

Cet engagement, il le signe en entrant en politique en 1959 où il devient adjoint au maire en charge de la culture jusqu'en 1989. A ce titre, on doit à Germain Muller plusieurs édifices culturels: l'Opéra National du Rhin, Le Palais de la Musique et des Congrès, l'Ecole de Danse municipale, mais également l'achat de l'exceptionnel tableau de Nicolas de Largillière "La Belle Strasbourgeoise" que l'on peut admirer au Musée des Beaux-Arts.

Aujourd'hui, ce sont trois musées strasbourgeois qui lui ouvrent leurs portes pour mieux faire connaître cet homme aux multiples talents. Poète, chansonnier, auteur dramatique, acteur, homme de radio et de télévision, homme politique de tout premier plan, il nous lègue un patrimoine qui a partie liée avec notre dialecte et que l'on peut redécouvrir au Musée Historique, au Musée Alsacien et en mars au Musée Tomi Ungerer sous forme de parcours éminemment ludiques. #Strasbourg culture