V.N/ Bonjour David Bour, voici donc ma première question: Pourquoi être candidat aux élections départementales?

D.B/ Bonjour, Alors, je m'appelle David Bour, j'ai 24 ans et je suis candidat sur le canton 3 de Strasbourg (quartier de Hautepierre- Koenigshoffen- Cronenbourg). Si je suis candidat, c'est parce que je pense être assez représentatif de ma génération. Je suis né en 1990, j'ai un niveau Bac +2 et comme beaucoup de jeunes à l'heure actuelle, ce niveau d'étude ne m'a pas empêché de me donner du fil à retordre pour trouver un emploi stable. Maintenant, je suis animateur en périscolaire, j'ai un emploi stable, mais qui n'est absolument pas dans le domaine dans lequel je me suis formé. Mon parcours n'est donc pas atypique ! Pour ma part, j'ai souvenir de ces périodes de galères comme étant des périodes remplies "de grandes colères" contre le monde qui m'entourait et au final, j'ai canalisé cette colère par le billet de mon engagement politique. C'est la volonté de refuser ce monde-ci qui est à la base de mon engagement politique, et c'est cet engagement-là que je veux aller porter dans les institutions et c'est pour cela que je suis candidat.

V.N/ Mais que peut apporter un candidat aussi jeune dans ces élections?

D.B/ Tout d'abord, le fait de ne pas avoir été enfermé dans "des dogmes". J'ai envie que l'on puisse faire des choses ambitieuses dans le Bas-Rhin, pour développer l'accès à la santé, pour aider les femmes qui ont des enfants à concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle. Je n'ai pas envie de m'inscrire dans une logique gestionnaire, où l'on doit seulement gérer des budgets, mais que l'on ait vraiment une politique qui soit menée en concertation avec les habitants et leurs besoins. Et ce n'est pas ce que l'on fait à l'heure actuelle, puisqu'avec l'euro-métropole qui va avoir des compétences qui vont empiéter sur celle du département, nous allons nous retrouver avec uniquement de la gouvernance à la place de politique et à force de gérer des budgets, il n'y aura plus de distinction gauche - droite. C'est pour cela que l'on est contre l'austérité au niveau national et que l'on pense que l'engagement de l'État auprès des collectivités ne doit pas être diminué. Au contraire, il faut des financements qui puissent être à la hauteur de ce que l'on demande aux départements, on leur demande de gérer les politiques sociales, les collèges, la vie associative et les subventions (entre autres) il faut que l'argent suive. C'est impossible de tout promettre au niveau local s'il n'y a pas une politique menée nationalement qui permette de le faire. C'est une faute de l'UMP et du PS qui se tirent mutuellement dans les pattes en se rejetant la faute les uns sur les autres alors que ce sont eux qui ont votés les baisses de budget. Ils se sont mis d'accord pour gérer la Communauté Urbaine de Strasbourg ensemble et ensuite ils cassent la qualité des services publics à Strasbourg...

V.N/ Pourquoi avoir choisi ce canton?

D.B/ À vrai dire, on me l'a proposé et j'ai dit oui pour présenter une autre voix, un autre vote à ces habitants. Je connais assez bien les quartiers de Strasbourg, ayant vécu au Neuhof, maintenant à Hautepierre, les problématiques des quartiers, je les connais, comme l'absence des services publics, la dernière CAF du Neuhof ayant fermé il y a peu, ou Hautepierre avec un hôpital qui est surchargé qui remplit plus que ces fonctions, mais aussi un taux de chômage très fort et un décrochage scolaire très important aussi. On est dans des quartiers qui connaissent de grandes difficultés malgré la réhabilitation, qui il faut le souligner, est un bon point à mettre du côté de Roland Ries et de son équipe, même si toutes ses réhabilitations n'ont pas été suivies. Ce dont les associations de locataires se sont plaintes assez souvent d'ailleurs.

V.N/ Pourquoi avoir choisi cette formation politique qu'est le PCF- Front de gauche?

D.B/ Cela a fait suite à mes difficultés professionnelles, où je ne trouvais pas d'emplois, où je me suis retrouvé face à des difficultés, où je me suis remis en question, où j'ai beaucoup accusé le coup, où j'ai cru être entièrement responsable et puis j'ai rencontré le Parti communiste qui m'a donné des outils pour comprendre le monde qui m'entourait, où j'ai compris que l'on n'est pas responsable à 100 % de la situation qui nous arrive, et m'a donné les clefs pour changer la situation. De la JC (jeunesse communiste) j'ai adhéré au Parti communiste, qui est le seul parti qui à la véritable volonté de transformer le monde en profondeur et pas juste d'aménager le capitalisme à la marge comme si on pouvait améliorer ou moraliser un système aussi prédateur que celui-là. #Strasbourg politique