Valentin Nodinot : Bonjour Mr Froehly. Pouvez-nous expliquer le fonctionnement de l'Eurométropole et son territoire ?

Claude Froehly : Bonjour. La délibération du vendredi 30 janvier 2015 a validé la substitution de plein droit de la métropole dénommée Eurométropole de Strasbourg à la Communauté Urbaine de Strasbourg au 1er janvier 2015. Il reste deux ans pour déterminer les compétences réciproques de l'Eurométropole et de définir les compétences transférées du Conseil Départemental. Cela permettra de voir avec le conseil départemental ce qui est le mieux à même d'apporter plus de clarté dans les compétences des collectivités et surtout plus d'efficacité pour la population et les citoyens. Je pense qu'il apparaît aujourd'hui, quand on voit les projets de la loi "NOTRe" (Nouvelle Organisation Territoriale de la république) que le Conseil départemental restera le pôle de la solidarité, vis-à-vis des personnes et des territoires, c'est clairement acté. Il n'aura plus de compétences générales, ce qui fera une clarification nécessaire à mon avis. L'Eurométropole restera la puissante "locomotive" pour l'économie en partenariat avec la région.

V.N : Vous êtes conseiller général du Bas-Rhin, dans le canton de Illkirch Graffenstaden. Pourquoi vous représenter ?

C.F : Je me représente d'une part parce que c'est une mission qui me plaît, parce qu'elle ressemble beaucoup à celle qu'exerce la commune : c'est une mission de proximité. C'est-à-dire que nous sommes au plus près des préoccupations des habitants et en cela "la mission" me plaît réellement, puisqu'elle englobe le social, la rénovation des collèges, le développement des équipements sportifs, l'aide aux associations. Je me représente aussi, car j'ai été élu en 2011, et je crois que maintenant, il s'agit d'asseoir cette situation et de finaliser cette expérience acquise pour permettre de donner une impulsion nouvelle à ce canton et d'apporter des idées personnelles. Mais j'attends la nouvelle élection, les résultats et puis surtout, comme ça a été le cas pour le conseil de l'Eurométropole, j'attends de voir quelles seront nos disponibilités financières. En avril, il faudra regarder les choses en face et savoir quelles sont les missions essentielles que nous voulons continuer d'accomplir, celles nécessaires pour la solidarité et celles pour que ce canton reste attractif. 

V.N : Selon un baromètre TNS Sofres pour Métronews et LCI, 28% des Français s'apprêteraient à sanctionner le gouvernement. Qu'avez-vous à leur dire?

C.F : Je ne vais pas masquer la vérité, je crois que nous vivions une période difficile mais la crise économique et sociale qui sévit dans notre pays était déjà antérieure à l'arrivée de François Hollande. Je crois qu'aujourd'hui, nous sommes à la croisée des chemins, disons que le rétablissement attendu par la population se fait attendre, j'en conviens. Néanmoins, tous ceux qui suivent l'actualité économique et sociale sentent un frémissement et beaucoup d'espoir pour un rétablissement durable. S'il y a une volonté de sanction du gouvernement, je ne me sens pas tout à fait concerné puisque je suis dans un canton où j'ai mon action qui est reconnue, je pense par la population d'Illkirch en tant que premier adjoint au maire, en tant que conseiller général où je pense pouvoir afficher un bilan satisfaisant. 

V.N : Et aux abstentionnistes ?

C.F : Je leur dis que voter est un bien public et qu'il faut en faire usage. J'incite les personnes à voter lors du porte-à-porte dans l'ensemble des communes de ce canton. Il faut que les citoyens exercent leur droit. Je ne suis pas si pessimiste et je suis même surpris de l'intérêt que les gens portent à cette élection, parce que je pense que la parité qui va être instaurée grâce à ce nouveau système de scrutin, a suscité de l'intérêt auprès du corps électoral. C'est une élection locale qui n'a pas la même importance qu'une élection nationale mais je me bats pour que les gens aillent voter. 

V.N : Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien, 42% des électeurs de l'UMP sont prêt à voter pour le Front national en cas de second tour entre un candidat du Parti Socialiste et du Front National, qu'avez-vous à leur dire ?

C.F : Cela voudrait dire que le reste voterait pour le Parti socialiste ? Je crois que c'est un choix logique. Depuis cinquante ans, la Cinquième République a vécu des alternances paisibles avec un progrès économique considérable, avec un débat démocratique et je pense que dès que le Front national aura prouvé sa capacité à entrée dans ce débat démocratique et à jeter certains comportements et certaines prises de position, alors la démocratie devra l'accepter. La démocratie doit accepter tout le monde, mais ne doit pas accepter n'importe quelle prise de position.

V.N : Voulez vous dire un dernier mot ?

C.F : Je pense que ce n'est pas le meilleur moment pour nous, hommes de gauche, pour se présenter à une élection. Mais je crois qu'il faut compter sur la lucidité des électeurs pour juger le travail qui est fait en tant qu'élus de proximité, en tout cas, c'est le sens que je veux donner à mon action. Je veux, comme je l'ai dit, être un homme de terrain à l'écoute des gens, je souhaite que les citoyens puissent juger sur ces critères. Nous sommes dans un pays qui a beaucoup d'atout et de potentiel et il ne faut pas gâcher tout cela.  #Strasbourg politique