Valentin.Nodinot pour Blasting News/ Bonjour, c'est parti pour la première question : pourquoi être candidats aux départementales ?

Yasmina Chadli/ Au vu de la politique menée par le Parti Socialiste, notamment ici à Strasbourg, je trouve que l'on n'en fait pas assez pour la population et pour développer les quartiers dit sensibles. Par exemple, le nouveau quartier du Heyritz ne donne pas la priorité aux logements réellement sociaux mais au secteur privé. Il s'agit en réalité d'une politique plus soucieuse de l'attractivité touristique que de l'intérêt de la population strasbourgeoise.

Julien Ratcliffe/ Malheureusement, les choix politiques nationaux de l'UMP durant la période Sarkozy et ceux du gouvernement actuel avec la Loi Macron par exemple sont défavorables aux intérêts de la population. Dès lors, nous sommes là pour faire contrepoids à chaque occasion, et les élections départementales en font évidemment partie. Elles se situent dans un contexte particulier, celui de la réforme territoriale, et être candidats nous permet de dénoncer les graves dérives de cette réforme, qui met en concurrence les territoires en éloignant les instances de décision des citoyens, tout en ouvrant d'autres perspectives. Il est essentiel de construire une alternative concrète pour le Bas-Rhin, pour Strasbourg et ses habitants.

V.N/ Pourquoi avoir choisi le canton 1 de Strasbourg ?

J.R/ Pour moi, c'est tout simplement parce que j'y habite. J'y habite, j'y vis et j'y milite très régulièrement, il est donc naturel de me présenter dans mon quartier.

Y.C/ C'est pareil pour moi, j'habite au centre ville et j'y milite. Cela me permet de mieux connaître le quartier, les habitants qui me connaissent aussi, pour plus d'écoute et d'échanges avec eux.

V.N/ Pouvez-vous nous détailler un point du programme que vous souhaiteriez appliquer si vous êtes élus ?

J.R/ La question des privatisations est particulièrement préoccupante, que ce soit au niveau national ou local. Par extension, cela concerne également l'externalisation de certains services publics. Le problème est réel, car cela signifie que l'on confie le bien commun à des intérêts privés. Et on en voit clairement les effets, par exemple pour les autoroutes, avec des sociétés privées qui s'en mettent plein les poches contre l'intérêt des usagers. Inefficace, injuste et coûteux, le transfert de services publics à une gestion privée est pourtant de plus en plus fréquent. C'est le cas au niveau du département avec certains services de transports, ou encore concernant la santé avec les choix de l'agence régionale de santé (ARS). Nous voulons combattre cette logique de privatisation pour défendre l'intérêt de la population. Si l'on veut servir le bien commun, si l'on veut que chacun dans le Bas-Rhin puisse bien vivre en ayant accès à des services de qualité gratuits, il est indispensable de protéger le service public, avec du personnel bien formé et stabilisé, de bonnes conditions de travail, et une qualité préservée de toute logique de concurrence et de profit.

Y.C/ Nous proposons de créer un pôle public bancaire pour les PME et PMI, afin qu'elles puissent se développer avec des prêts abordables, octroyés selon des critères d'emploi, de progrès social et d'intérêt écologique. De la même manière, nous soutenons le projet de mise en place d'un pôle de santé publique pour la population et les personnes âgées, car aujourd'hui, accéder à une maison de retraite, c'est extrêmement coûteux. La création de maisons de santé et d'un véritable service public de la dépendance constitue une réponse concrète à ce besoin de prestations sociales.

V.N/ Madame Chadli, vous êtes nouvelle aux élections : pourquoi avoir formé ce binôme avec Julien Ratcliffe et pourquoi avoir choisi le Front de Gauche ?

Y.C/ Si j'ai choisi le Front de gauche, c'est pour faire suite au mouvement des indignés. Lorsque, à cette occasion, j'avais entendu dans les médias qu'il fallait rassurer les marchés, ce qui veut dire pour moi laisser les gens dans la misère et l'exploitation extrême, je me suis dit que ce n'est pas possible ! Il n'y a que le Front de Gauche qui propose une alternative qui est à 100% pour la population. Voilà pourquoi j'ai adhéré, je ne supporte pas les injustices et l'exploitation. Au 21ème siècle, tout le monde devrait avoir droit à un logement, un travail, c'est le minimum. Mais c'est de pire en pire malheureusement, au vu de la mondialisation, du banditisme des grands groupes qui ne font qu'exploiter des pays émergents et pauvres, au détriment des personnes qu'on laisse dans la misère..

V.N/ Monsieur Ratcliffe, vous étiez candidat aux législatives dans la circonscription 4 de Strasbourg en 2012, aux municipales en 2014, et dans d'autres élections, que pensez vous apporter à ces élections-ci, et quelles sont les variations dans votre programme ?

J.R/ Être candidat, c'est pour moi une exigence militante. Dès lors que nous voulons changer les choses, comme le disait Yasmina concernant les injustices, indignes de notre pays au 21e siècle, il faut aller sur le terrain et essayer de convaincre. C'est pour cela que je suis candidat à ces élections, comme aux précédentes. Ce que ces élections ont de particulier, c'est qu'elles ont lieu à un niveau réellement local, le plus petit échelon de proximité, celui des quartiers. Dans ces élections départementales, nous pouvons directement discuter avec la population, des voisins, que l'on connaît ou non, et c'est très important pour faire vivre le lien citoyen, et construire ensemble une alternative de progrès social. Le contexte politique change aussi, avec une crise qui continue de s'aggraver, avec un gouvernement au pouvoir qui se prétend de gauche et met pourtant en œuvre des choix désastreux, comme le pacte de responsabilité, qui est une immense dépense publique au profit des grands groupes et de leurs actionnaires, ou encore la Loi Macron, qui constitue une masse de reculs sociaux très importante. Au niveau local comme au niveau global, il y a un choix politique que les citoyens peuvent faire, celui d'une autre voie politique, soucieuse de l'Humain avant tout, combattant les injustices, proposant des perspectives de développement économique et écologique dans l'intérêt de tous, et remettant les politiques publiques sur les rails du progrès social. Construire cette alternative, c'est le sens de notre candidature. #Strasbourg politique