Ce café chargé d'histoire qui existe depuis 1897 a rouvert ses portes, il y a quelques mois après sa rénovation. Situé dans le quartier de la Neustadt, place de l'Université à Strasbourg, le café Brant lié depuis toujours à la vie estudiantine, avait suscité bien des émois et des indignations en 2013 en raison de sa possible disparition.

Finalement, et à la grande satisfaction de tous, c'est Jean-Noël Dron qui avait décidé de racheter ce lieu emblématique cher au coeur des Strasbourgeois. Inscrit au titre des Monuments historiques, ce café retrouve aujourd'hui son lustre d'antan avec ses murs blancs cassé, ornés de moulures à la feuille d'or.

C'est dans cet écrin de choix pourvu de toute sa superbe que le Théâtre des Lumières a proposé une lecture musicale des oeuvres de Boris Vian intitulée "Esprit Boris Vian" ou "L'épopée d'un Bison Ravi", titre renvoyant à l'anagramme du poète. C'est le comédien Christophe Feltz qui a interprété avec maestro les poèmes cultes de Boris Vian tels "Le déserteur", "La java des bombes atomiques", "J'suis snob", "Je voudrais pas crever", "La complainte du progrès", "Je bois", "On n'est pas là pour se faire engueuler", "Cantilène en gelée"...

La voix tantôt tendre, tantôt gouailleuse, Christophe Feltz a déclamé avec force et conviction, en leur prêtant tout son talent, les textes de Boris Vian d'une actualité étonnante. Quant à Grégory Ott qui l'a accompagné au clavier, il a réussi à créer une complicité musicale où les notes et les mots s'accordaient pour donner corps et âme à un auteur trop tôt disparu dont on sait qu'il fut un merveilleux trompettiste, un poète, un traducteur, un romancier, un chroniqueur de jazz, ainsi qu'un ingénieur des Arts et Manufactures...

C'est peu dire que l'esprit contestataire plein de fantaisie de Boris Vian, une personnalité hors du commun, a plané ce soir du 25 mars dans la grande salle du café Brant où les spectateurs comblés ont longuement applaudi Christophe Feltz et Gégory Ott, les maîtres d'oeuvre de cette excellente lecture musicale.  #Strasbourg culture