A l'instar de Sacha Guitry ou de Woody Allen, le réalisateur Emmanuel Mouret interprète le plus souvent le rôle principal de ses #films. Dans Caprice, il campe le personnage de Clément, un instituteur rêveur et maladroit mais tendre et terriblement attachant.

Passionné de théâtre, Clément est projeté dans la bulle d'un amour qui le dépasse totalement. Alicia, une actrice en vogue, s'éprend de lui, tout comme Caprice, également attirée par le théâtre, qui ne cesse de lui faire des avances. Bientôt, Clément est pris dans les rets d'un filet tissé par les deux comédiennes, interprétées à ravir par Virginie Efira et Anaïs Demoustier.

Mais la vie est une scène, et elle devient le véritable théâtre quand, à son tour, le directeur d'école et ami de Clément, joué avec subtilité par Laurent Stocker, s'éprend lui aussi d'Alicia alors qu'il est délaissé par la femme avec laquelle il partageait sa vie.

Et la  comédie des sentiments se joue avec pour bruit de fond une musique tout en nuances qui magnifie le film et lui confère son charme aussi simple que particulier. Cette comédie légère nous renvoie aux pièces de Marivaux ou d' Alfred de Musset et ce triangle amoureux plein de candeur, dont on ne se lasse pas, semble parfois même tenir du conte de fée ! 

Car nul doute que l'apparition puis la disparition de Caprice tient de la magie et confère à ce film une aura poétique et mystérieuse. De nombreux instants de grâce éclairent cette comédie. On songe à cette pierre porte-bonheur que Caprice offre à Clément et que celui-ci conserve précieusement alors qu'il n'a de cesse de repousser la jeune femme.

Autant de moments lumineux qui nous renvoient les réminiscences de notre enfance ! Quant au burlesque, il est omniprésent dans la maladresse avérée de Clément ; la scène où celui-ci vacille sur ses béquilles alors qu'il a une jambe dans le pâtre est pour le moins hilarante ! 

A la fois léger mais aussi plein d'enseignement sur la complexité de l'âme humaine, ce film nous offre le plaisir d'un songe éveillé qui se prolonge à l'envi, le film une fois terminé. #cinéma #Strasbourg culture