Gaël Davrinche revendique son appartenance à une #Peinture figurative traditionnelle profondément enracinée dans l'histoire de l'art. Car comme le souligne le critique d'art Richard Leydier dans le catalogue Défigure(s) "tout ou presque semble déjà avoir été inventé" dans le monde de la peinture.

Voilà pourquoi Gaël Davrinche tente de nous donner une relecture de cet art dont il revisite plus particulièrement les portraits. C'est ainsi qu'il défigure, au sens propre du terme, la Joconde, la faisant choir de son piédestal en transformant son indéfinissable sourire en une pathétique et hideuse grimace. Les traits emblématiques du plus célèbre portrait du monde sont caricaturés à l'excès jusqu'à sombrer dans l'outrance.

Ce ne sont pas moins de sept toiles que le peintre a consacré à Mona Lisa en prenant un malin plaisir à l'enlaidir. Les trois grâce de Rubens sont également soumises à rude épreuve sous les pinceaux de Gaël Davrinche qui nous en restitue un tableau de chairs roses mêlées aux formes délitées comme de la guimauve.

C'est de cette manière que le peintre s'empare des chefs-d'oeuvre de l'histoire de l'art pour leur conférer un nouvel éclairage très personnel. Il rend hommage aux grands maîtres de la peinture tout en leur tirant sa révérence!

 Dans Memento mori (souviens-toi que tu es mortel), Gaël Davrinche peint des fleurs bien vénéneuses, annonciatrices de cette mort insidieuse qu'elles contiennent en germe. Le cycle de la vie est ainsi illustré et nous renvoie aux questions essentielles du devenir de l'homme dans un environnement qu'il s'ingénie à détruire au nom d'un hypothétique profit. C'est Fukushima qui a déclenché cette série de portraits de fleurs...

Mais le portrait humain fascine Gaël Davrinche, il y revient toujours avec des accessoires qui changent tout! Car un entonnoir  ou un égouttoir sur la tête, cela fait sans nul doute la différence! Au public de faire bonne figure dans cette exposition qui se tient jusqu'au 24 mai à l'Espace d'Art Contemporain André Malraux à Colmar.  #Strasbourg culture