L'art du mime remonte à une époque immémoriale. Il est à l'origine du théâtre en Egypte où étaient représentées la mort et la résurrection d'Osiris. C'est également à la Kagura, ancêtre du théâtre Nô, que l'on doit les suites de pas lents et les attitudes hiératiques que l'on retrouve dans la gestuelle du pantomime.

Les tableaux mimés nous viennent de la fête du Râme célébrée en Inde et du théâtre de Bali où les acteurs copiaient les mouvements des silhouettes articulées. La commedia dell'arte s'est inspirée à son tour de l'art du mime tout comme les comédiens du Moyen-Age.

L'art de la mimique célèbre alors son apogée et connaît par la suite un renouveau avec le cinéma comique muet incarné par des acteurs tels que Charlie Chaplin, Buster Keaton ou encore Harold Loyd.

La rue s'est emparée de ce phénomène depuis bien des années de part le monde. Sur les ramblas de Barcelone, Jules César ceint de sa couronne de lauriers et revêtu de sa toge, siège, impérial, sur son socle depuis des lustres... A Paris, vestales et statues tout de blanc parées, attirent toujours le chaland...

A Colmar en Alsace, c'est une femme qui incarne le personnage de Charlie Chaplin, chapeau melon sur la tête et canne à la main, elle en est la réplique fidèle et immobile qui ne s'anime que lorsque l'on daigne lui octroyer une pièce...

Ces artistes, qui semblent suspendre le temps, fascinent par leur immobilité dont le public s'imagine qu'elle est à toute épreuve. Or en 2013 déjà un mime, incarnant un cow boy et malmené par un spectateur qui lui fourrait ses doigts dans les oreilles, asséna un magistral coup de poing au malotru, une vidéo qui fait encore le buzz sur le net...

A Colmar, c'est une autre scène qui s'est jouée sous les yeux des badauds ébaubis. Notre Charlie Chaplin au féminin aperçut samedi dernier deux touristes asiatiques aux prises avec une pickpocket qui venait de leur dérober leur porte-feuille. La statue se mua en un fragment de seconde en justicière pour capturer et maîtriser la jeune voleuse qui fut remise manu militari aux forces de l'ordre!

Autant dire qu'à Colmar, les statues veillent à l'ordre public... Charlie Chaplin, c'est certain, n'aurait en rien renié cette scène de rue où le mime a eu, si l'on peut s'exprimer ainsi, le dernier mot dans cette fine et insolite histoire à ne pas dormir debout! #Strasbourg société