Rappelez-vous cette année-là où, dans l'indifférence générale, plus d'un million de personnes étaient assassinées, décapitées avec des machettes pour le seul fait qu'elles étaient désignées, de par leur carte d'identité, comme "Tutsi"...Ces faits se déroulaient en 1994, entre les mois d'avril et de juillet au Rwanda à la fois si proche et si lointain pour certains!

En 2014, vingt ans plus tard, le collectif pour "Les Hommes Debout" et le plasticien Bruce Clarke redonnent un corps et peut-être bien une âme à ces disparus qui reviennent dans chaque toile nous interpeller.

Né à Londres en 1959 de parents originaires d'Afrique du Sud, Bruce Clarke effectue ses études artistiques à l'Université de Leeds. Il y est marqué par le courant de la fin des années 60 "Art & Language" initié par plusieurs de ses enseignants comme Terry Atkinos ou David Bainbridge.

Ce mouvement s'interroge sur les relations entre l'art et le discours philosophique à travers les implications sociales et politiques de l'artiste et du monde dans lequel il travaille. C'est ainsi que Bruce Clarke, à la fois plasticien et photographe, s'investit dans un art qui ne peut pas changer le monde mais le montrer.

C'est au Rwanda où il a réalisé bon nombre de photographies que Bruce Clarke réfléchit sur la conservation de la mémoire par un artiste. Il devient alors fondamental pour lui de mettre des visages sur les disparus et de lire "l'humanité dans chacune des victimes" . Cette démarche rejoint celle de la plasticienne Francine Mayran qui, inlassablement, interroge notre inconscient collectif pour nous donner à voir dans ses peintures les visages des hommes, des femmes et des enfants victimes de l'Holocauste...

Bruce Clarke avec la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide (CNLG) et en partenariat avec les associations de rescapés réveille la mémoire de tout un chacun sur les lieux des massacres au Rwanda mais aussi dans diverses villes comme Paris, Lille, Ivry, Lausanne, Luxembourg, Genève, Bruxelles, Ouidah, Strasbourg...

La Médiathèque André Malraux s'associe à cette démarche essentielle qui n'est autre qu'une tentative de réparation symbolique envers les morts à l'usage des vivants. Une exposition à voir absolument pour ne pas devenir amnésique! #Strasbourg culture