Arrivé de Russie et de son Oural natal en France à l'âge de 21 ans pour poursuivre des études de lettres à Mulhouse, Sergey Tsoller s'est aujourd'hui installé à Orbey pour y développer son travail artistique.

Réalisant très vite qu'un doctorat de lettres ne lui permettrait sans doute pas d'échapper au chômage, Sergey Tsoller s'est formé en autodidacte au métier de réalisateur. Il tourne plusieurs films publicitaires pour des entreprises mais s'investit par ailleurs dans son jardin secret...

Il crée un univers singulier et personnel dans des photographies qui donnent à voir la poésie d'un pan de mur décrépi, la fuite du temps dans l'ossature d'un vieux bateau en décomposition...

Telles des peintures abstraites, les impacts de rouille sur le métal, les taches de peinture sur une planche vermoulue, nous délivrent au-delà du réel et de l'esthétique des formes et des couleurs, un langage qui a une partie liée avec l'invisible. Des fragments de matière intemporels génèrent des îlots imaginaires, une géographie fantaisiste, des brèches de lumière nous guident et nous éclairent...

Les photographies matiérées de Sergey Tsoller sont à appréhender bien évidemment avec le regard mais aussi avec les mains! La texture du papier, son grain, ses rainures, provoquent au toucher des vibrations, des sensations, mais aussi des émotions.

Certains grands formats aux motifs répétitifs confèrent aux photographies un rythme, voire une musique silencieuse qui s'accorde à merveille avec la très belle salle rénovée des trois colonnes du Ciarus.

L'objectif de Sergey Tsoller réside avant tout dans une quête qui transcende le regard. Et pour illustrer son propos, l'artiste se plaît à relater une anecdote. L'une de ses oeuvres accrochée à côté d'un piano avait totalement changé l'atmosphère de la pièce. Quand Sergey Tsoller demanda aux personnes présentes de se placer dos à la photographie et les a interrogées par la suite, chacun, à son plus grand étonnement, avoua avoir senti à l'intérieur de soi la puissance de l'oeuvre, signe que cette dernière leur avait parlé!

Des photographies à voir et à toucher du regard et des mains mais aussi du bout de l'âme jusqu'au 24 juin au Ciarus, 7 rue Finkmat à Strasbourg. #Art #Strasbourg culture