Les technologies de l’information et de la communication se manifestent comme un puissant propulseur pour l'entrepreneuriat social. Dans toute l’Europe, des initiatives s’élèvent. Voici un modèle qui pourrait inspirer des zélateurs avisés dans l’hexagone choisis par l’association Ashoka qui soutient le parcours des pionniers du changement social partout dans le monde.
La plateforme web Beat Bullying (« le harcèlement battu ») écoute et assiste les adolescents souffre-douleur et victimes de harcèlement scolaire. « Dès 2009, nous avons préservé la vie de plusieurs enfants », énonce la fondatrice Emma-Jane Cross. L’Angleterre détient l’affligeant record en Europe du nombre d’auto-mutilés chez les jeunes de 13-17 ans. Une détresse clairement associée à l’augmentation du harcèlement à l’école.
« C’est par millier que l’on recense des jeunes qui ont besoin d’un soutien psychologique, souvent qui entraîne une thérapie. Il y a une insuffisance de professionnels capables de leur apporter une aide, c’est scandaleux », s’émeut Emma-Jane.


Tout à débuté pendant ses études : au cours de son doctorat en sciences sociales, elle côtoie les enfants dans un refuge destiné aux femmes désœuvrées. « Selon eux, l’environnement scolaire était emblématique de violence et ils étaient désorientés, dans le besoin de se confier à une personne de leur entourage », se rappelle la chercheuse qui a grandi dans une famille modèle.
Elle conçoit alors une méthode d’assistance « de pair à pair » : initier les 11-17 ans à venir en soutien à d’autres enfants. « Nous venons dans les établissements scolaires leur apprendre des procédés de mise en confiance et d’accompagnement, développer leur compassion », décrit Emma-Jane. Les cas d’injustice chutent en général de 40 % dans les écoles où nous nous engageons.


Grâce à l’#Internet Emma-Jane Cross multiplie les interventions. Plus de 27 000 jeunes désespérés se connectent tous les mois sur la plateforme colorée de beatbullying.org. Ils engagent des discussions avec un confident faisant partie des 11 000 adolescents qui ont été formés à l’assistance psychologique. « En nous rendant dans les établissements, nous étions en relation avec un maximum de 10 000 jeunes. Avec Internet nous en contactions 10 fois plus, dans 9 langues tous les jours », s’émeut la dirigeante.
Complexes de poids, intimidations, racket, insultes … Dissimulés derrière un surnom, les enfants se lâchent dans l’interface du site sur tout ce qui envahit leur quotidien.
Cependant, les conversations ne font pas preuve de peu d’amateurisme; les idées suicidaires ou la boulimie ont besoin de conseils prévoyants. Quand l’adolescent semble contraint de faire du tort, un psychologue de profession intervient, constamment dans la tolérance de l’anonymat.
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