La géolocalisation des usagers de smartphones est l’information la plus récoltée via les équipements de communication mobile, cependant cette filature constante n’est souvent pas justifiée par l’employabilité des applications, avertissent dans une étude publiée lundi, la Cnil et l’Inria. Entre un quart et un tiers des applications téléchargées sur les téléphones mobiles qui fonctionnent sous Android et Ios ont eu accès à la disposition géographique de l’appareil, démontre l’étude de la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) conduite avec l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique).


En supposant que ce constat n’a rien d’exceptionnel et en considérant les besoins de ces applications, il interroge sur "le condensement et la fréquence d’accès à cette donnée", ressortant dans certains cas. De ce fait sur les 3 mois qu’a duré le test, l’application concernée a accédé plus de 1 000 000 de fois à la géolocalisation.
"Cela traduit moyennement près d’un accès par minute", mentionnent les rédacteurs de l’étude, qui précisent ne pas comprendre "le lien de ces fréquences avec des fonctionnalités de l’application".


"Les opérations actives de ciblage en ligne contaminent à ce jour le mobile", décrivent-ils, précisant que l’accès constant à la géolocalisation sur une période longue s’avère disproportionnée et forme une source d’expositions pour la personne géolocalisée.
Se questionnant sur la finalité de ce pistage massif, ils croient probables que ces informations de géolocalisation soient mises en vente à des tiers.
À la suite d’une étude sur le type des données collectées par les smartphones sous iOS Apple en 2013, cette seconde campagne de tests Mobilitics faite dernièrement évalue le mode de fonctionnement des mobiles sous Android.


Cette filature peut provenir d’une "optimisation insuffisante des commandes de l’application". Cependant, il peut s’avérer qu’il résulte d’une volonté de "monnayer ces informations pour des fins publicitaires au profit de tiers".
"Nous savons pertinemment que l’information de localisation a considérablement de la valeur pour les professionnels du e-marketing, en sorte que l’on conçoit qu’elle joue un rôle incontournable dans le modèle économique des applications", précise Geoffrey Delcroix à la Cnil.
"D’autres applications gratuites vont transmettre en masse la localisation de leurs usagers à des publicitaires qui auront ainsi la possibilité de l’employer à des fins de e-marketing dans un contexte différent, au moyen d’une autre application ou dans le navigateur mobile", souligne t-il.


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