Microsoft fait aujourd'hui l'objet d'un large soutien de la part des acteurs technologiques et des médias dans son opposition aux autorités américaines qui exigent la divulgation de données stockées en Europe. Le géant de l'électronique se bat depuis plusieurs mois contre un mandat judiciaire américain lancé dans le cadre d'une enquête sur un trafic de drogue. Le juge demande à la firme de communiquer le contenu de mails d'un utilisateur stockés sur un serveur de sa filiale en Irlande. Alors que le groupe Microsoft a fait appel de sa condamnation prononcée en première instance, de nombreuses lettres de soutien sont arrivées entre les mains de la justice américaine ce lundi.

« Les 10 lettres sont signées par 28 grandes sociétés technologiques et médiatiques, 35 scientifiques bien connus pour leur expertise dans l'informatique et 23 associations de défense des consommateurs et des professionnels qui rassemblent des millions de membres de part et d'autre de l'Atlantique », précise Brad Smith, responsable des affaires réglementaires de Microsoft, dans un message édité sur un blog officiel du groupe. Qui remarque que ce soutien en masse, d'une ampleur rare à ce niveau de procédure, démontre qu'il est question « d'un problème politique large et qui demeure fondamental pour le futur des technologies au niveau global ».

Médias et entreprises technos concernées

Parmi les signataires des revendications se trouvent entre autres le grand concurrent #Apple, les géants de la distribution web eBay et Amazon, les groupes informatiques Cisco et HP, les opérateurs télécoms Verizon et AT&T, les chaînes de télévision et les journaux tels que le Washington Post, The Guardian, Forbes, Fox News ou CNN.

Le bras de fer entre Microsoft et la justice intervient alors que l'inquiétude monte à propos de la surveillance d'#Internet par les organes de renseignement américains. Cet effort sera particulièrement suivi car il fera jurisprudence afin de définir l'étendue de la loi américaine dans des circonstances précises. L'inquiétude des groupes technologiques porte particulièrement sur une probabilité « d'impact négatif envers leurs activités ». Les sociétés de médias sont inquiètes pour leur part de constater une remise en cause des protections légales dont elles bénéficient aujourd'hui, quand elles ne souhaitent pas divulguer leurs sources.