"Nous ne discuterons pas politique" dans l'espace. C'est la gageure à laquelle se sont tenus les astronautes Scott Kelly et Mikhail Kornienko qui ont pour mission de rejoindre la station spatiale internationale (ISS) en mars pour une durée d'un an. Ils ne conçoivent pas l'idée de laisser paraître les dissensions à bord de l'ISS, de Washington et Moscou. Depuis son premier visiteur au cours de l'an 2000, l'ISS s'apprête à recevoir ces deux vétérans du cosmos. Ils ont, à cette occasion, présenté ce jeudi 18 décembre à Paris, durant une conférence médiatique de l'UNESCO, leur mission scientifique commune.

Il ont été chargés de faire l'étude des actions d'une présence à long terme dans l'espace, dans le but de programmer des missions habitées sur des périodes longues.

En effet, un voyage préalable vers Mars est envisagé aux alentours de 2030 au moyen d'Orion, une nouvelle capsule toujours en phase d'essai. Le temps record enregistré actuellement pour un séjour prolongé dans l'espace, revient à Valeri Poliakov, un Russe qui a survécu, en 1995, 14 mois dans l'espace, en habitation de la station Mir.

Cette coopération russo-américaine à travers un programme scientifique démontre que dans un environnement spatial la diplomatie entre Moscou et Washington se poursuit malgré les différends politiques déclanchés par les dissensions en Ukraine, par lesquelles s'est engagée la Russie.

"Nous devons nous faire confiance. Notre avenir en dépend. Mikhail doit être prêt à mon soutien dans un cas critique. On n'engagera pas de sujet sur la politique de nos pays respectifs", démontre Scott Kelly âgé de 50 ans. "Nous sommes de grands amis, nous avons du professionnalisme", ajoute-t-il.

"Il n'y a pas de limite qui nous sépare dans l'espace", affirme Mikhail Kornienko, âgé de 54 ans. "C'est un modèle de coopération auquel les politiciens du monde devraient s'attacher", a-t-il précisé.

Les mesures engagées par les Etats-Unis pour sanctionner la Russie au printemps, qui seront certainement renforcées, ont une portée qui jusqu'à présent épargne l'alliance spatiale.

Content de son engagement

Dans l'éventualité où tout se déroule correctement, Scott Kelly, ancien aviateur de l'armée navale américaine, deviendra après la mission, l'américain qui aura accompli le vol temporel le plus important dans l'espace.

"J'apprécie les challenges. Cette exploration est vraiment enthousiasmante", a exprimé Kelly dont la période dans le cosmos a excédé 6 mois consécutifs. "Demeurer le double du temps, cela m'a résolument paru intéressant", souligne l'astronaute arborant de fines lunettes sur une tête lissée.

La NASA a fait une sélection en septembre des premiers navires privés pour l'espace, à travers SpaceX et Boeing qui construiront des engins qui serviront au transport d'astronautes à destination de l'ISS et éventuellement vers d'autres points orbitaux.