BLASTING NEWS. Le Mobile World Congress offre actuellement la part belle aux objets connectés. Que pensez-vous de cette transition ?

Blaise Mao : Toutes les compagnies amorcent ce virage des objets connectés. La folie du #Smartphone semble laisser place à la folie de l'objet connecté. D'après l'IDATE (ndlr: ex-Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe devenu DigiWorld Institute), nous pouvons nous attendre à 80 milliards d'objets connectés en 2020. Mais cela ne signifie pas la condamnation du smartphone. L'idée serait de dispatcher les services sur plusieurs appareils différents. Nous allons voir de plus en plus d'appareils communiquer entre eux.

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D'ailleurs, la prochaine étape est la domotique. Tout ce qui est dans la maison. Vous pourrez par exemple régler le chauffage à distance ou faire remplir votre frigo.

BLASTING NEWS. Comment expliquez-vous une telle demande ?

Blaise Mao : La demande se crée. Et je crois que la société attend du confort, des objets qui facilitent leur vie. Nous ne sommes pas encore sortis de la phase d'enthousiasme vis-à-vis du progrès technologique. Et pour cause, la révolution numérique date de 2007 avec les premiers smartphones. Nous manquons encore de distance. Nous en faisons un usage pratique et pas encore, ou peu, un usage critique voire politique.

BLASTING NEWS. Pourquoi les critiques du progrès technologique sont-elles si peu audibles ?

Blaise Mao : Comme nous le présentons dans le dernier numéro d'Usbek & Rica, les technocritiques ont un discours que l'on pourrait qualifier de radical.

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Un discours qui séduit peu. Pour eux, le problème central est notre rapport à la technologie. Puis ils ne sont pas dans une logique de conquête de l'opinion publique. N'allez pas les appeler technophobes car ils n'ont pas peur de la technologie. Au contraire, ils la connaissent bien. Il est intéressant de voir l'évolution de ce mouvement qui s'apparente petit à petit à une branche de la décroissance.

BLASTING NEWS. Les Français sont-ils moins prudents que les autres vis-à-vis de l'avancée technologique ?

Blaise Mao : Au contraire, la France est assez méfiante comparée aux autres. C'est d'ailleurs très français de s'inquiéter de la sécurité des données par exemple. Nous sommes très à cheval sur ces questions là. Nous restons à l'affût de possibles dérives. En revanche, les pays émergents sont dans l'enthousiasme et l'usage massif. Mais regardez aux États-Unis. Les classes moyennes peuvent se mobiliser contre la technologie. Prenez ce récent mouvement contre les #Google Glass.

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BLASTING NEWS. Quand est-ce que ce rythme effréné vers plus de progrès technologique va-t-il s'estomper?

Blaise Mao : Il est difficile de le prévoir. Je pense que nous en sommes encore loin. Nous sommes seulement dans la première phase de cette évolution. C'est tellement rapide. Aujourd'hui, les tablettes sont devenues courantes. Nous allons vers des systèmes d'intelligence artificielle surpuissants. Ce qui, en revanche, peut séduire une partie de la population, ce sont les « low-tech ». Une approche de la technologie plus simple, non polluante, un retour à la fabrication. L'ingénieur Philippe Bihouix a d'ailleurs développé tout un discours sur ce thème. Faire des prédictions avec les technologies reste très compliqué.

Usbek & Rica, numéro 15 : "Ils détestent la technologie"