Depuis son origine, le célèbre réseau social #Facebook fait beaucoup parler de lui, notamment lors de mises à jour supposées améliorer l'utilisation, ou bien de modifications du règlement pour lesquelles les internautes ne sont pas forcément d'accord. Mais, c'est pour des motifs bien plus importants que le géant américain s'est illustré ces derniers mois.

La charte des noms, ou l’Évangile selon Saint-Facebook

Sur Facebook, une règle stipule que vous devez renseigner votre véritable identité (à savoir, celle que vous utilisez dans la vie de tous les jours). Mais, en vérité, qui respecte cette règle ? Ceux qui le souhaitent, c'est tout.

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Qui n'a pas, dans son groupe d'amis, un Son Goku, une Elle Isa, ou quelqu'un qui s'est amusé à se créer une autre identité grâce à une anagramme de son nom et/ou prénom ? N'êtes-vous pas vous-même de ceux-là ? En théorie, c'est interdit. En pratique, Facebook a bien plus d'utilisateurs que d'employés, et il serait utopique pour eux de vouloir vérifier tous les comptes. Mais, là où ça devient problématique, c'est lorsque le géant bleu sanctionne des personnes...qui avaient pourtant renseigné leurs vrais noms. On peut citer de nombreux cas, notamment chez les amérindiens qui ont bien souvent des noms à signification : ainsi, Kim TallBear, Lance Brown Eyes, et bien d'autres, ont vu leur compte être suspendu, et ont été obligés de prouver leur identité, papiers à l'appui. Après cela, seulement, ils ont pu le réactiver, non sans avoir, pour certains, été rebaptisés au préalable.

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Vers un contrôle total

Si un site qui permet les pseudonymes peut se permettre de refuser ou modifier ceux qui leur paraissent trop provocants, qu'en est-il d'un réseau social qui exige le vrai nom de chacun ? A-t-il pour cela le droit de juger qu'une identité reçue à la naissance est conforme ou non ? Si oui, on peut bientôt s'attendre à des mairies dans lesquelles les registres d'état civil seront tenus par des employés de Facebook, qui décideront eux-mêmes si le nom d'un enfant est acceptable ou non, en vue de sa future inscription sur le réseau social. Autant vous dire que les enfants à naître risquent d'avoir beaucoup d'homonymes sur la planète.

Intrusion

Aucun internaute n'est censé ignorer que tout ce qu'il publie sur la toile y est stocké à vie, et aucune restriction des paramètres de confidentialité ni aucune suppression de compte n'y change quoi que ce soit. En revanche, ce qui a été révélé récemment, c'est que les employés de Facebook peuvent accéder aux comptes des utilisateurs aussi librement que s'il s'agissait du leur. Et bien évidemment, on n'a aucun moyen de le savoir puisque, contrairement au hacking traditionnel, cette intrusion ne laisse pas la moindre trace.

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L'entreprise justifie cela par les besoins de la maintenance : mais, quand on voit que Facebook peut modifier à sa guise les noms qui ne lui semblent pas corrects, on est en droit de se poser des questions, non ?

Saint-Facebook, au-dessus de tout ?

Si Facebook a pu jouer impunément avec les noms et la confidentialité de ses utilisateurs, une récente affaire tend à lui faire comprendre qu'on ne badine pas avec l'art. Un instituteur français qui avait posté sur son mur la célèbre Origine du Monde de Gustave Courbet s'était aussitôt vu censurer pour pornographie explicite. L'homme avait donc porté plainte. Dans les conditions d'utilisation, une clause prévoit que Facebook ne puisse être jugé que par le Tribunal de Californie. En théorie, le géant bleu ne risquerait donc rien pour ses actes hors du continent américain. Mais, après de nombreuses tentatives pour se soustraire à la #Justice française, il semblerait que, cette fois, Facebook ne puisse plus y échapper. Sans domiciliation juridique en France, les procédures sont longues et pénibles ; mais, si la justice ne lâche pas l'affaire, l'entreprise « qui-sait-tout-qui-voit-tout » pourrait bien, enfin, être remise à sa place.