Depuis toujours, les lycéens français qui passent le baccalauréat testent leurs connaissances acquises lors de leurs années d'études, sans l'aide des nouvelles technologies mais au seul bon vouloir de leur mémoire ! Cependant face aux différentes méthodes de leurs voisins européens et à l'omniprésence d'#Internet et des nouvelles technologies, la France serait-elle le mauvais élève de l'apprentissage par le numérique ?

Le modèle danois en exemple

Ailleurs en Europe, le Danemark autorise depuis 2010, l'accès à Internet durant les épreuves écrites du baccalauréat. Chaque établissement est ainsi libre de choisir si oui ou non les étudiants auront accès à un ordinateur.

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Au début de cette initiative, seuls 14 établissements ont participé à ce programme s'appliquant dans trois matières uniquement : les sciences sociales, les mathématiques et le Danois. Puis d'autres écoles ont rejoint l'expérience, élargie aux examens pouvant être pris en compte au baccalauréat.

Steen Lassen, conseiller auprès du ministère de l'#Education danoise explique : « Les examens sont faits pour tester les compétences. Les étudiants doivent utiliser la théorie et les méthodes plutôt que de les répéter littéralement. Dans ce contexte, autoriser l'accès à Internet n'est pas une révolution mais plutôt une évolution. Les réponses n'existent pas sur Internet dans leur forme finale, prêtes à être copier/coller ».".

Internet, omniprésent dans la vie de tous les jours, deviendrait donc indispensable jusque dans les salles d'examen.

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Le baccalauréat, passage initiatique servant pourtant de références quant aux connaissances singulières de tous perdra-t-il à l'avenir de son panache ?

Enseignant en classe de Terminale et surveillant à l'épreuve du baccalauréat, un professeur de Français revient sur l'omniprésence de la sphère Internet.

Blasting News : Quel est votre avis par rapport à ces nouvelles mesures prises au Danemark ?

A mon avis, cette réforme a du bon, mais surtout du mauvais ! Nous savons que lors des examens quels qu'ils soient, et malheureusement le baccalauréat en fait parti, que certains élèves n'hésitent pas à tricher. En autorisant les ordinateurs, comment pouvons-nous nous assurer que les élèves ne communiqueront pas entre eux, au moyen d'emails par exemple ?

Que pensez-vous de l'utilisation des moteurs de recherche durant les examens ?

Cette nouvelle possibilité n'encouragera pas les élèves à apprendre par eux-mêmes. Si l'adolescent rencontre des difficultés sur une notion, il lui suffira d'exécuter une recherche sur Internet, et en faire une synthèse des informations trouvées sur différents sites.

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Les candidats n'auront plus qu'à les reformuler, et ils pourront avoir une bonne note voir même une mention sans n'avoir jamais réellement rien appris !

Selon vous, il n'y a donc aucun côté bénéfique à ce changement ?

Tout dépend de l'élève et de l'utilisation que celui-ci fera d'interne. Si le candidat s'en sert en complément de son propre travail et de ses propres connaissances, cette réforme serait une bonne chose.

Quelle serait pour vous la problématique principale de cette démocratisation d'Internet lors de telles épreuves universitaires ?

C'est une question de limite. Par exemple, à l'examen traditionnel, les candidats disposent tous du même matériel. Avec l'utilisation d'Internet, nous ne pourrions fixer aucune limite, ce qui serait assez discriminatoire pour les élèves qui, eux, ont vraiment travaillé. #Union Européenne