En ce début de mois, au milieu des premières données scientifiques envoyées par #Juno et encore en cours d’analyse, voilà qu’émergent des enregistrements audio surprenants effectués par Waves – instrument embarqué chargé de collecter les données audio à bord de la sonde.

 

Les aurores de Jupiter

Cela semblerait presque banal pour nos esprits habitués aux découvertes technologiques et à la production de masse d’informations de toutes sortes, sans tri, sans filtre, sans hiérarchisation, si nous n'écoutions pas un enregistrement émanant de la surface de l’astre le plus massif, le plus volumineux et l’un des plus mystérieux de notre système solaire. Ces sons sont uniques car, même s'ils sont connus depuis les années 50, ils n’ont jamais été captés aussi près de la "source". 

 

Le voyage de Juno et le chant de Jupiter 

Le chant est produit par les aurores d’un astre géant de 142 984 km de diamètre au niveau de l'équateur et de133 708 km au niveau des pôles et se trouvant à 664 millions de km de nous (le 8 mars 2016). Pour enregistrer ces sons, Juno, la petite sonde spatiale de l'Agence Spatiale américaine (#NASA) – la première à destination d'une planète externe utilisant des panneaux solaires au lieu de générateurs thermoélectriques à radioisotope – aura du faire un périple de 2,86 milliards de kilomètres pendant 5 ans pour enfin se mettre en orbite autour de #Jupiter en Juillet 2016.

Publicité
Publicité

(en savoir plus en suivant ce lien). Aujourd’hui en position et durant les 18 mois de sa vie programmée, les scientifiques vont tenter de percer les mystères de la plus grosse planète du système solaire. Juno va photographier (photos à voir ici), enregistrer, analyser, avant de disparaître, en entrant dans l’atmosphère de Jupiter, détruite par la pression et la température. Fin prévue de la mission novembre 2017. Alors voilà, ce son retransmis par Juno est bien fantomatique, surprenant, magique. 

 

Jupiter, le géant de gaz nous parle. William Kurth.

Jupiter nous parle comme seul les géants de gaz peuvent le faire. Le programme Waves détecte la signature des émissions des particules énergétiques qui génèrent les aurores massives entourant le pôle nord de Jupiter. Ces émissions sont les plus puissantes de notre système solaire. Maintenant, nous allons essayer de comprendre d’où viennent les électrons qui les génèrent.

William Kurth, chercheur au Département de physique et d'astronomie de l'université de l’Iowa, est co-investigateur principal de l’instrument Waves (antenne dipolaire).

Publicité

Conçu et construit à l’UI, Waves sondera les champs électriques et magnétiques des ondes radio et de plasma autour de Jupiter afin de déterminer comment les aurores de la planète sont produites.