Si vous composez le 112, partout en Europe, un service d’#Urgence est alerté. C’est devenu généralisé en 2000 à travers toute l’Union européenne et pays associés et même d'autres très éloignées (Chine, Canada, Kenya…). Mais, en France, l’appel au 112 est redirigé soit vers le 15 (Samu), soit le 18 (pompiers), ou la police (17). Dans d’autres pays, la redirection se fait vers un numéro unique (999 au Royaume-Uni). Ce numéro 112, adopté par un nombre considérable de pays (plus d’une soixantaine) est paradoxalement mieux connu mondialement qu’en Europe. Ce ne sera peut-être plus le cas lorsque le dispositif eCall, embarqué dans les véhicules (hors deux-roues et poids-lourds), sera généralisé, fin mars 2018.

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Déjà utilisé cette année

Le dispositif d’alerte d’urgence embarqué eCall équipe déjà divers modèles de véhicules haut-de-gamme. Non seulement tout véhicule neuf motorisé routier léger à quatre roues (fourgons inclus) en sera-t-il doté, mais, à partir de mars 2018, il est envisagé d’étendre aux poids-lourds et autocars, voire même motos et scooters. Ce qui plaide pour ce dispositif, c’est, en sus d’une possible perte de conscience du conducteur (ou passager-conducteur d’un véhicule autopiloté), la localisation précise. Dans le cas d’une sortie de route et de tonneaux, le conducteur est sonné (au moins pire) et peine à indiquer sa position. Mais de fait, dans nombre de cas moins graves, beaucoup de blessés ne peuvent correctement se localiser et plus la durée d’intervention est longue, plus les risques de complication sont lourds.

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Par ailleurs, un #accident sur une voie fréquentée peut provoquer des collisions en série, et des embouteillages qui peuvent être mieux prévenus si l’alerte et la mise en place de mesures est rapide. Tout plaide donc pour généraliser ce système. Mais il pourrait comporter des effets pervers.

Saturation des centres d’appel

Actuellement, le 112 est prioritaire pour tout appel émanant d’un portable équipé d’une carte SIM (permettant la localisation) et tout modèle récent permet de le composer sans déverrouiller l’appareil. Si composé par erreur, ne pas raccrocher, mais indiquer à l’opérateur que tout va bien (sinon, vous êtes présumé en perte de conscience). Le problème posé est d’abord celui du degré de gravité du choc. Soit celui-ci n’est pas grave, mais surestimé par le conducteur, qui disposera d’un bouton sur le tableau de bord. Soit l’appel est automatique, déclenché par des capteurs comme en cas de très forte décélération, de déclenchement d’un airbag. D’autres informations peuvent être envoyées, comme le nombre de personnes ayant bouclé leur ceinture.

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L’éventuel effet pervers ne tiendra pas qu’au risque de saturation des centres d’appel. Si ce n’était pas le cas, mais que trop de véhicules de secours soient mobilisés pour des incidents ou accidents sans gravité, d’autres types d’urgences ne pourraient pas être traités aussi rapidement que possible.

Des pays bien préparés ?

Au Royaume-Uni, ou tout appel d’urgence du 112 est redirigé vers le 999, commun à la police, aux pompiers et aux urgences médicales, la question de la préparation des centres d’appels et du nombre de véhicules ambulanciers disponibles est clairement posée. Déjà, même si l’appelant se localise précisément, faute d’équipes disponibles ou de véhicules, la gravité de nombreux cas est sous-estimée, l’arrivée des secours est tardive, quand il n’est pas conseillé de faire appel à un taxi. Un automobiliste distrait, appuyant par erreur sur le bouton d'urgence (au lieu du warning ou d'un autre), pensera-t-il à rappeler pour indiquer que tout va bien ? Les capteurs se dérégleront-ils ou non, fréquemment ou pas ? Un véhicule volé et précipité dans un ravin déclenchera-t-il ou non le décollage d'un hélicoptère ? En fait, ces problématiques ont été envisagées : le coût des fausses alertes est présumé supérieur à celui des conséquences d'interventions trop lentes (handicaps induits par exemple). Ce qu'il restera à vérifier au réel...  #sécurité