Ce seront d’abord les 6 000 (puis 600 000) postes des fonctionnaires municipaux moscovites puis, peu à peu, toute l’administration russe : la suite MyOffice russe (de New Cloud Technology) remplacera partout MSOffice en #Russie

Une directive nationale

Comme l’indique le nom de la compagnie, MyOffice est conçu pour stocker des masses importantes de données dans le Nuage. Mais cette suite peut bien entendu fonctionner en autonomie, sans liaison Internet. Elle se compose à peu près des mêmes éléments que la suite Office de #microsoft ou celle d’OpenOffice (et ses dérivés, LibreOffice et autres…), avec un équivalent d’Outlook ou ThunderBird, un calendrier, un agenda, &c.

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La suite sera déployée par le fournisseur d’accès Rostelecom, de statut gouvernemental. Dès 2014, Vladimir Poutin n’avait pas caché ses intentions : soutien aux développeurs et programmeurs russes, abandon progressif des produits informatiques étrangers.

Vente seulement en Russie

Si vous vous rendez sur le site de la compagnie russe, vous constatez que MyOffice et les autres programmes ne peuvent s’acheter en ligne. Ils sont en vente seulement en Russie (et quelques républiques autonomes, Mordovie, Tatarstan, Tchouvachie) par l’intermédiaire de revendeurs agréés : une liste déroulante les consigne tous. Kaliningrad (enclave russe en Pologne) figure bien sûr, mais pas la Biélorussie voisine, ni même des pays considérés très liés à Moscou. Si MyOffice est le produit russe phare, le pays fourmille de sociétés proposant des alternatives aux programmes allogènes.

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Les ministères recommandent près de deux milliers de programmes pouvant remplacer leurs équivalents occidentaux ou asiatiques. D’une part, ces programmes sont moins chers mais surtout, d’autre part, ils sont considérés beaucoup plus sécurisés contre des intrusions distantes.

Mesure de rétorsion aussi

Lors de l’invasion de la Crimée ukrainienne, diverses compagnies occidentales, à la suite des nord-américaines, s’étaient retirées de ce « nouvel » État membre de la Fédération de Russie. L’Assemblée générale de l’Onu a voté une résolution contestant la validité du référendum en Crimée et à Sébastopol. Mais certains pays membres, et même des régions du nord de l’Italie, reconnaissent de facto les autorités de Crimée et de Sébastopol. Cette mesure correspond aussi à la situation financière du pays subissant les sanctions occidentales. La chute des prix des ressources fossiles et les sanctions épuisent la trésorerie russe qui pourrait être tarie vers le milieu de l’année prochaine. Les réserves ne seront plus que de 15 MdUSD fin 2016 (contre 92 milliards en sept.

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2014). Le pays est en récession depuis 20 mois. L’inflation a grimpé à deux chiffres et elle n’est pas jugulée (7 % en juillet dernier). Le salaire minimum a été relevé de 20 % en juillet, mais la perte de pouvoir d’achat reste à 10 % environ. Un lent retour à la croissance semble plausible l’an prochain. Le remplacement total des programmes informatiques étrangers s’étalera sans doute sur plusieurs années dans le pays, mais les déployer dans toute la fonction publique pourrait se faire à un rythme accéléré. Même si la répercussion financière se fera attendre (de nombreuses licences ont été prépayées), le bénéfice budgétaire sera sensible. En France, la migration vers OpenOffice a débuté en 2006 par la gendarmerie et s’est prolongée en 2007 par l’installation de la suite libre sur 400 000 postes. En Russie, la montée en puissance de MyOffice se poursuivra : ses applications pour portables sont compatibles IBM-PC (terme devenu générique), Apple, Androïd, Linux-like, &c. Mais les citoyens russes peuvent préférer les #Logiciels libres ce qui, économiquement, est tout aussi satisfaisant pour le budget national.