Le #Téléphérique urbain de #Brest, au-dessus de la Penfeld coupant la ville, a été inauguré ce samedi après la survenue d'une coupure d’électricité d'origine malveillante. Quand Ségolène Royal prenait place dans la seconde des deux nacelles, la première s’est retrouvée bloquée alors que des journalistes en descendaient. L’inauguration a été marquée par une manifestation de sapeurs-pompiers. Mais ce téléphérique urbain entre en service et les deux cabines, d’une capacité totale de 120 passagers, seront très fréquentées… Elles supporteront des vents de plus de 107km/h. Ce téléphérique urbain couvrant 420 mètres a coûté, études incluses, moins de 20 millions d’euros alors que la mise en service d’un troisième pont serait revenue à près du double.

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C’est ce qui explique en partie que les projets de téléphériques urbains sont désormais nombreux en France. Grenoble, déjà dotée du téléphérique Grenoble Bastille (dont la version initiale fut inaugurée en 1934), à vocation surtout touristique, a adopté le projet Métro câble, soit une liaison comportant cinq stations franchissant le Drac et l’Isère depuis Sassenage-Fontaine jusqu’à Saint-Martin. Inauguration prévue vers 2022. Mais d’autres projets sont plus avancés…

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Téléphérique d’Orléans en 2018

Après Brest, c’est Orléans qui est la seconde ville sur les rangs. Il s’agirait de relier le quartier d’Interives à la gare de Fleury en traversant les voies ferrées. Suivrait Toulouse, vers 2020 avec un téléphérique urbain, l’Aérotram, reliant l’Oncopole à l’université Paul Sabatier au-dessus de la Garonne, ce dans un premier temps, des prolongations à l’est et à l’ouest étant envisagées. Autre grand projet, cette fois en Île-de-France, une liaison filaire reliant Créteil à Villeneuve-Saint-Georges avec desserte de Limeil-Brévannes.

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La mise en service pourrait intervenir vers 2023. Roissy-en-France envisage aussi de se doter d’un tel téléphérique. Ces projets sont facilités par un assouplissement de la législation sur les expropriations des zones traversées et l'altitude (autrefois 30 m) qui instaure aussi des servitudes. Ainsi, à Brest, les vitres des nacelles se teintent à l’approche des habitations afin de préserver l’intimité des résidents du voisinage. Le transport urbain par câble devrait donc connaître un fort essor en France au cours des prochaines décennies. Et les réseaux ainsi créés pourraient être considérablement étendus avec l’objectif primordial non plus de franchir des obstacles (fleuves, voies ferrées ou routières, zones militaires, &c.) mais de réduire les coûts des alternatives de transports dits en site propre (comme les tramways ou Orlyval), soit séparés de la circulation latérale ou totalement isolés. L’Aérotram de Toulouse est prévu pour couvrir, dans un premier temps, près de trois kilomètres, en dix minutes (contre 45 en bus).

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Déjà en service à Ankara, le réseau construit par Leitner Ropeways couvre 3,2 km. Le record urbain reste détenu par Taipei (Taïwan, Formose), avec quatre kilomètres ; c’est provisoire car le Câble A (ou #Téléval) de Créteil couvrira 4,5 km (autant que celui du Renon, en Adige, entre Bolzano et le village de Soprabolzano, sis à 1,2 km d’altitude). D’autres projets moins ambitieux sont envisagés, comme par exemple, relier les gares de Lyon et d’Austerlitz au-dessus de la Seine (ce qui est déjà réalisé par métro aérien). Aux téléphériques pourraient s’adjoindre des funiculaires ou assimilés comme le Poma 2000 de Laon (mis en service en 1989 pour relier la gare, Vaux et le centre en ville-haute). L’avenir de ce Poma est incertain : il a été mis hors service fin août dernier. Mais des projets similaires sont à l’étude ailleurs. Le câble offre divers avantages mais son débit reste limité à 3 500 voyageurs/h (contre 30 000 pour un métro). Le téléphérique de Brest a été précédé par celui de Mexicable (Mexico), début octobre dernier. Songez qu'entre deux stations, le câble couvre jusqu'à 3 km et peut transporter aussi des passagers handicapés, des vélos...