Le pied, la main, les doigts, furent nos premiers outils de #Mesure. Après s’être préoccupé de la mesure du temps, des distances, et autres mesures physiques, on s'est attaqué à la mesure des comportements, des effets, des opinions, des résultats... Des échelles en tout genre voient le jour et avec l’évolution des techniques, les outils de mesure se perfectionnent. Mais pourquoi ce besoin de contrôle? Ce besoin de maîtrise, du temps, de l'environnement, du corps, et plus encore, n'est t-il pas un moyen de se rassurer face aux angoisses que suscite ce monde en mutation, et le devenir préoccupant qu'il nous réserve?

La capacité d'analyser toujours plus de données et surtout les exploiter s'est accélérée avec l'avènement de l'informatique et internet. En occident, nous sommes tous, ou presque, connectés, nos comportements peuvent donc être mesurés afin de cibler et optimiser toujours plus le marketing et pister les préférences et comportements des consommateurs.

En 2012, on a initié la mesure de l'audience de la presse, avec l’organisme Audipresse. A l'échelle individuelle, les outils se sont multipliés: applications qui mesurent la distance parcourue, le rythme cardiaque, le temps de sommeil, les décibels… Une nouvelle mesures cette année, celle de l’audience via les appareils mobiles, tablette et PC, des chaînes de TV et radio par "#Médiamétrie" la société spécialisée dans ce domaine. Le terme consacré est « audience 4-écrans ».

Un projet de mesure à venir, un mini capteur relié à un application, pour analyser l’air que nous respirons et mesurer les polluants tels que les particules fines, l’ozone, l’oxydes d’azote et des composés organiques volatils."Plume Air" est en cours de mise au point par la start-up Plume Labs. (La pollution tue 7 millions de personnes dans le monde selon l’OMS !)

Pour la mesure électromagnétique, une autre application mobile Android et iOS: Architecture of Radio qui rend visible et cartographie les ondes électromagnétiques des signaux d’antennes relais, routeurs Wi-Fi, satellites de communication, Bluetooth, téléphonie mobile, GPS, qui envahissent notre environnement. Richard Vijgen, est designer, son rayon, la visualisation des données, représenter à travers des visuelles cette énorme masse de données hétérogènes générée par le monde numérique. Il a ainsi conçu une application pour représenter la cartographie des ondes, en se croisant les données de votre position, avec celles d'OpenCelllD, la base de données répertorie les antennes relais de la téléphonie mobile et les données du programme Jet Propulsion Laboratory de la Nasa appelé Ephemeris.

Idée intéressante en soi, si vous êtes soucieux ou sensible à cette forme de pollution, mais pas encore abouti, si l'application est payante, elle ne reproduit pas réellement les ondes en temps réel et ne cartographie pas toutes les ondes.

Nous sommes entrés dans l’air du big data (mégadonnées)

Ces ensembles de données massives, ont un tel volume qu'il est difficile de les analyser ou mesurer avec des outils usuels de gestion de base de données, ou de gestion de l'information.

Les nouvelles préoccupations, les nouvelles difficultés auxquelles nous sommes confrontés, les besoins actuels font naître de nouveaux outils et de nouveaux procédés. A partir de là, tous les possibles restent à explorer afin de trouver des moyens d'exploiter ces filons de données. Une quantité infinie sont disponibles, il nous reste à les cibler, les localiser, ou trouver des systèmes qui les analysent déjà, concevoir des outils spécifiques pour croiser différentes données pertinentes et trouver une façon de les utiliser à bon escient. Alors, en fouillant dans le #Big Data, que va-t-on encore bien pouvoir mesurer demain et à quel fin ? A l'échelle individuelle, nous pouvons déjà tenter quelques petites expérience, exemple : un professeur d'informatique s'est amusé à pister le cheminement d'une image partagée sur Facebook à travers les villes du monde.