Le film se veut didactique enexposant avec clarté les aspects techniques d'une prise de vue, lespossibilités techniques des différentes caméras, mais aussi le rôle dudirecteur de la photographie, jusque-là essentiel.  Dans le documentaire,le directeur de la photographie est qualifié comme celui qui "donne de lalumière aux émotions." Mais, avec l'arrivée de cette nouvelle technologie,qui sonne comme une révolution dans le monde du Cinéma, le rôle du directeur dela photographie, perd grandement de son importance.

En effet, le réalisateurpeut maintenant jauger du résultat au moment même de la prise de vue, sansattendre jusqu'au lendemain, le retour de la pellicule développée aulaboratoire.

Bien sûr, comme cela est biendit dans le film, cela représente des économies de temps pour le réalisateur,mais surtout des économies d'argent. Et quelque part, est-ce que cela ne signepas "l'arrêt de mort" des directeurs de la photographie, et ladisparition de leur profession, à terme, avec l'avènement du numérique ? 

L'un des intérêts et l'un desmérites du documentaire, c'est de donner la parole aux plus talentueuxdirecteurs de la photographie de notre époque, Vittorio Storaro, David Stump,Dick Pope, David Tattersall, ou Phil Meheux, inconnus du grand public, maisdont le rôle est pourtant essentiel pour la réalisation d'un film, mais pourcombien de temps encore. 

Mais ce n'est pas tout, lespectateur est également invité à continuer le dialogue avec des producteurs,des techniciens, et des monteurs, qui abordent toutes les étapes de laproduction d'un film, effets visuels, retouches de couleurs, distribution,projection en salles, archivage... 

Pour terminer, je vais laisserla parole à Keanu Reeves en citant un commentaire qu'il a fait sur ledocumentaire lors de sa présentation, mercredi 15 octobre, au Pathé Bellecour,de Lyon:

"Les réalisateurs que nousavons rencontrés, à quelques exceptions près, sont favorables au numérique etne s'inquiètent pas trop de la disparition de la pellicule 35 mm tant qu'ilsont de bons outils pour continuer à travailler.

C'est le cas pour David Lynch,David Fincher, Stephen Sodebergh, Robert Rodriguez, George Lucas qui est commeleur grand-père, tellement il s'est mis tôt au numérique, Danny Boyle, ouencore James Cameron. C'était une surprise pour moi, j'ai dit à David Lynch:"Vous avez tourné de si beaux films en pellicule photochimique, pourquoipassez-vous au numérique?". Il m'a répondu "Je veux avoir l'intimitéet la liberté que donne une caméra numérique légère". "Tous cesréalisateurs apprécient la liberté de ce nouvel outil, ils y voient uneopportunité, ils ne se lamentent pas de la disparition de la pellicule 35mm."

Lors de discussion qui a suivila projection du documentaire Side By Side, samedi 18 octobre 2014, àl'Institut Lumière, quelqu'un dans l'assemblée a demandé à Keanu Reeves, ce quecela lui ferait si un jour les réalisateurs le numérisait sur grand écran.

Il arépondu qu'il avait déjà tourné dans des films en numérique, et qu'il lereferait dans le futur. Et qu'il avait déjà réalisé des films en numérique, carmaintenant, on a plus vraiment le choix ni la possibilité de l'argentique. Il aterminé en disant que si un jour la pellicule disparaissait, il y aurait deslieux comme celui-là (L'Institut Lumière), pour projeter des films réalisés enargentique, et qu'il viendrait dans ces lieux, pour en voir, comme on se renddans un musée, pour admirer des œuvres passées.

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