Approuvéeen juillet 2014, la loi russe entendait obliger les compagnies résidant sur leterritoire à stocker toutes les informations personnelles qu’elles avaient enleur possession sur des serveurs locaux. La loi devait entrer en applicationdébut 2016 mais le Kremlin semble avoir avancé la date pour 2015. Cette décisionsoudaine a brusqué les entreprises Microsoft, Adobe et Google qui se sontdélocalisés vers d’autres pays d’Europe.

Cette loiémane du Service fédéral russe pour la surveillance des communications et destechnologies de l'information ou Roskomnadzor en russe. Elledemande à tous les grands médias sociaux de stocker leurs données individuelles en provenance de Russie afin que ces dernières soient accessibles au FSB, lapolice secrète russe.

Pour des entreprises telles que Google, il est courant destocker les données personnelles de leurs clients dans des pays autre que celuidans lequel elles travaillent.

Cité par le média citoyen Global Voices, le blogueur russe AntonNossik explique que ces données concernent « la réception, la transmission, la livraison, et (ou) le traitement dela communication par la voix, l'écrit, les images, les sons, ou d'autressupports électroniques entre utilisateur de l'Internet. Ne pas respecter cesexigences est passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 500 000 roubles. »

La définition des données concernées par cette législation reste encoretrouble. Est-il mention des données concernant les clients russes, lesopérateurs basés hors de Russie mais en contact avec la société basée sur leterritoire russe, les russes à l’étranger ou les étrangers de passage connectéà l’internet local ?

Les autoritésrusses se justifient en avançant que leur décision est une mesure prise pour protégerle pays des agences d’espionnage étrangères et faciliter le travail des agencesde renseignements russes. Pour le président Vladimir Poutine, « Internet est une invention de la CIA » qui permet auxEtats-Unis de garder un certain contrôle sur son propre pays.

Il lui préfère d’autressources d’infos. Ainsi, les membres de son gouvernement auraient été conseillésde ne plus utiliser Gmail, la messagerie de Google…

Cettedécision se présente comme une tentative de bouter les compagnies occidentaleshors de Russie, en réaction aux sanctions économiques imposées par l’Europe.

Après l’annulation du contrat South Stream, la dévaluation du rouble et la baisse duprix du pétrole, cette législation risque d’encore affaiblir la puissance russesur le plan international. Jeudi soir, la valeur boursière de Google avaitsurpassé de quelques milliards de dollars celle de l’entièreté du marchéboursier de la Russie.

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