Réfugiée centrafricaine depuis le 20 avril 2014 dans le camp deTiohmo, à l’Est Cameroun, Fatima Aoua était avant le déclenchement de lacrise Centrafricaine, coordinatrice en animation des Organisations Paysannes à Bangui. La quarantaine révolue, Fatima Aoua raconte avec peine son parcours de Bangui(Rca) àGaroua-Boulai(Cameroun) : "Jesuis ici à la frontière, suite auxproblèmes en Centrafrique entre nous lesmusulmans et les anti-Balaka. Malgré que je sois une pauvre femme, on m’apillé, on a cassé ma maison oùj’habitais au quartier Ngoussima dans lecentre de Bangui en RCA.

J’ai fuis avec ma mère et mes enfants pour aller nousréfugier dans un autre quartier où les Balakas sont venus me chercher pour metuer. J’ai eu la vie sauve grâce au fait queje leur ai demandé le temps de mesoulager. Profitant de leur inattention,alors qu’ils étaient armés des « kalas » et de « balakas »,c’est-à-dire des machettes et un autre qui avait « l’arbatachia », c'est-à-dire la hache. Comme ce sont aussi des voleurs, un« Faka » est venu lesappeler pour leur montrer qu’il y a des choses qu’il fautvoler.

À peine, ils se sont retirés, jeme suis échappée en douceur. Je suisallée me refugier en suite au niveau de la mosquée centrale pendant deuxsemaines pour chercher une occasion pour sortir de la RCA. Grâce àun parent qui nous a transporté à bordde sa moto et des forces Sangaris qui nousescortaient, je me suis retrouvé ici à Garoua- Boulai  au Cameroun", explique-t-elle.

À son arrivée au Cameroun, Fatima Aoua a été accueillie par les agents du Haut Commissariat desRéfugiés qui l’ont installée sous unebâche au Centre d’accueil des réfugiés à Garoua-Boulai : "Mais,je vous assure qu’en cette période pluvieuse, les bâches coulent beaucoup.

Cequi provoque à nous le paludisme et le rhumatisme. J’ai passé quatre mois souscette bâche, tout en négociant ma sortie pour aller dans le camp desSaoudiens. Là-bas, c’est mieux que chezle HCR. Ils s’occupent bien des réfugiés", précise cette mère de deux fils de vingt et dix ans.

Pourobtenir un logis dans le camp des réfugiés de l’Arabie Saoudite à Tiohmo,Fatima a dû déposer un recours à MohamedAwalou , le responsable du camp.

Elle raconte: "Je n’ai pasattendu longtemps, il m’a appelé pour me donner une chambre. Je suis là avecmon garçon de dix ans et ma mère. Mon fils aîné qui était étudiant àl’Université de Bangui a fui de la RCA et est allé au Tchad. Je suis ici au Cameroun depuis le20 avril 2014".

Pour manger au quotidien,se soigner… Fatima Aoua précise que "chaque mois, je reçois : un sac deriz, un peu d’huile, de couscous, de la viande et du savon".

PourFatima, "ce n’est pas facile pour moi de rentrer enRCA. Bangui ce n’est plus comme auparavant. Les Balaka continuent à persécuterles musulmans". Les réfugiés centrafricains installés à l’est du Cameroun ne sont pas prêts à rentrer dans leur pays.

Interrogés sur les raisons, ils évoquent le manque d’habitat et l’insécurité en RCA.

Unefemme en ce moment au pouvoirtransitoire en RCA, cela ne convainc pas Fatima Aoua. La coordinatrice en animation des Organisations Paysannes à Bangui pense que "la présidente detransition Catherine Samba Panza n’est pas à la hauteur. Depuis qu’elle estarrivée au pouvoir, rien n’a changé. On continue à tuer les gens. Si elle nepeut pas corriger ses enfants, autant mieux qu’elle laisse la place aux autres".

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