L’undes plus puissants pays du Moyen Orient, étroitement lié avec les paysoccidentaux et participant aux plus hauts sommets internationaux, est pourtant unde ceux qui respectent le moins les droits de l’Homme. Il n’existe pas deuxpoids deux mesures en Arabie Saoudite : un délit mineur est là-bas biendavantage puni qu’un crime dans nos contrées. 

Il suffit en réalité de comparer les peines appliquées par le royaume et l’EtatIslamique, que la grande majorité de l’Occident pointe comme étant l’organisationla plus barbare de la planète, pour réaliser la gravité des violations desdroits de l’homme en Arabie Saoudite.

Unblasphème, l’homosexualité, la trahison (envers l’Etat), le trafic de drogue etle meurtre sont tous punis, tant en Arabie que par Daesh, de la peine de mort.Seules les manières de l’appliquer sont différentes, et si les homosexuelsjetés depuis un toit il y a quelques jours par Daesh ont choqué l’opinioninternationale, la femme décapitée en pleine rue pour avoir tué l’enfant de sonmari (fait établi sans véritable procès bien entendu) n’a pourtant pas soulevébeaucoup d’indignations.

Lacalomnie et la consommation d'alcool sont passibles de 80 coups de fouetpour l’Etat islamique. Qu’en est-il pour l’Arabie Saoudite ? Une foisencore, on en est pas très loin : s’il est écrit que la peine est à ladiscrétion du juge, elle s’applique très généralement par la flagellation.

Pource qui est de l’adultère, la lapidation à mort est requise dans les deux Etats,tandis que l’adultère hors mariage est puni par 100 coups de fouet.

Parpure application de la charia, le vol est puni par l’amputation d’une main,tandis que le banditisme conduit à l’amputation des deux mains et des deuxpieds.

Une nouvelle fois, des condamnations égales qu’il s’agisse de l’Etatislamique ou de l’Arabie Saoudite…

Cachez ces exécutions que je nesaurais voir

Commentun royaume dont le Roi échangeait des poignées de main avec les grands de cemonde et dont François Hollande salue aujourd’hui la mémoire, peut-il encorebafouer à ce point les droits de l’Homme ? L’Arabie Saoudite est depuislongtemps sous le feu d’accusations des organisations comme AmnestyInternational et Human Rights Watch. Mais au sein du pays, il est devenudifficile voire impossible d’élever sa voix contre les discriminations et lesactes de barbarie commis par les autorités : les dissidents sont en effetautomatiquement emprisonnés, et condamnés au choix pour trahison ou complotcontre le Roi, tous deux passibles au mieux de flagellation (comme le bloggeur RaefBadaoui), au pire de la peine de mort.

Douze personnes ont d’ailleurs étéexécutées depuis le début de l’année, en seulement trois semaines, ce quilaisse présager un nouveau record d’exécutions. Des sanctions extrêmes que lepouvoir essaye tout de même de garder discrètes : l’homme qui avait filméla terrible scène dans laquelle une femme avait été décapitée en public a étéarrêté pour avoir propagé ces images. Si l’Association saoudienne des droits del’Homme (bien évidemment contrôlée par le pouvoir) a justifié cetemprisonnement en expliquant que « ces images auraient pu heurter lesproches de la condamnée » (sic), beaucoup soupçonnent désormais le pouvoirde vouloir cacher ces actes de barbarie aux yeux de la communautéinternationale pour que celle-ci puisse continuer à aider financièrement etmatériellement le pays à lutter contre le terrorisme…

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