Les enjeux de la conférence de Lausanne laissent présagerune refonte de la carte géopolitique au Moyen Orient.

Les négociations à la conférence de Lausanne sur lenucléaire iranien n’ont pas abouti mardi 30 mars. L'objet de cette conférence entreles cinq membres du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies - la Chine, les Etats-Unis, la France, la Royaume-Uni et la Russie -, l’Allemagne et la République islamique d’Iran était l'augmentation de la durée dans le temps de la construction de la bombe atomique iranienneen échange d’une réduction des sanctions internationales qui pèsent sur le paysaprès douze ans de négociations infructueuses.

L’objectif pour l’Occidentd’échelonner dans le temps la fabrication de la bombe nucléaire est de trouverune parade au cas où l’Iran déciderait de sortir de cet accord.

Des tractations en montagnes russes

Mais, les Iraniens ont des demandes très précises en échangede cet étalement : ils veulent la levée rapide et immédiate de l’ensembledes sanctions qui pèsent sur leur pays, qu'elles viennent de l'Europe, de l'Amérique ou du reste des Nations Unies. Les Occidentaux, quant à eux,pencheraient pour une levée des sanctions plus progressive, étape par étape, enconcordance avec les efforts iraniens sur le terrain pour rendre les activitésnucléaires plus transparentes aux yeux de la communauté internationale, tout enrespectant les termes d’un futur accord.

Il y a donc plusieurs points de discordes entre lesdifférentes parties : la levée progressive des sanctions qui poseproblème, les capacités nucléaires des centrifugeuses de dernières générationset la durée d’engagement de l’accord en cours. Il s’agit donc de savoir combiende temps la communauté internationale aura un droit de regard et posera deslimites au programme nucléaire iranien.

Plus la période définie par l’Occidentsera longue plus ce sera rassurant. Les Américains seraient prêts à concéderune période de dix ans, alors que la France verrait plutôt une durée de quinzeans.

L’Iran, un nouveau collaborateur 

Si les chances que cet accord aboutisse peuvent paraîtreminces, les négociateurs en présence discutent de bonne foi et mettent en avantles progrès accomplis depuis près d’un an et-demi.

La position des Occidentauxa beaucoup évolué puisque l’idée d’enrichissement de l’uranium iranien a étéacceptée. En revanche du côté de l'Iran, on sent bien qu’il s’agit de prendre unedécision stratégique pour le président Hassan Rohani : il faut faire accepter aux durs durégime cet apaisement face àl’Occident.

D’un point de vue géopolitique, ce nouvel accord devraitaboutir à une refonte des relations entre l’Occident - en particulier avecles Etats-Unis, et le Moyen Orient. L’administration Obama a bon espoir de voir l’Iran réintégrer lacommunauté internationale et devenir un partenaire essentiel dans la gestiondes crises irakiennes, syriennes et surtout un allié dans la luttecontre Daesh.

Cependant, cet espoir de nouvelles relations n’est pas du goût detout le monde puisque ces relations poseraient problèmes à d’autres partenairesde l’Occident, à savoir l’Arabie Saoudite (sunnite alors que l’Iran est chiite)ou à Israël. Au sein même du Congrès américain, les Républicains, majoritaires,ne sont pas d’accords avec la politique iranienne du président. Par ailleurs, ilne faut pas non plus attendre un changement de la part des durs du régime iranienqui sont loin d’être prêts à adopter une vision occidentale du monde et encore moins une vision américaine sur des sujets comme le conflit syrien.

Le retour mercredi 1er avril du chef de ladiplomatie française, Laurent Fabius, après un départ dans une ambiancechaotique après la fin de la deadline pour trouver un accord mardi 30 mars,semble être le signe d’un aboutissement favorable.

« On est à quelques mètresde l’arrivée, quelques dizaines de mètres, mais on sait aussi que ce sonttoujours les plus difficiles », a affirmé le ministre français. D'autant queLaurent Fabius passe pour être un intransigeant sur les questions évoquées plushaut.

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