Adesina,Ministre nigérian de l’agriculture et du développement, vient d’être élunouveau Président de la Banque Africaine de développement par le Conseil desgouverneurs de la Banque Africaine de développement aux termes d’électionsprévues du 25 au 29 mai 2015 et dont l’épilogue heureux l’a désigné comme nouveausuccesseur du rwandais Donald Kaberuka qui a piloté l’institution bancaire auservice du développement en Afrique pendant deux mandats de cinq ans.

Lacomptabilité des votes montre que les huit candidats en lice pour le poste dePrésident de la BAD ont obtenu des pourcentages plus ou moins importants et onpeut retenir ceux des trois principaux finalistes :

- Adesina, Nigéria : 58,10%

- Kordjé, Tchad : 31,62%

- Duarte, Cap-Vert : 10.28%

Lesdeux premiers sont des hommes et le troisième une femme. Au-delà de cetteélection dont il faut féliciter Akinwumi Adesina, plusieurs missions l’attendentpour renouveler et mieux dynamiser les missions de la Banque Africaine dedéveloppement.

Lecapital de la BAD est détenu à 40% par des non-régionaux comme la France, lesEtats-Unis, le Luxembourg et d’autres pays occidentaux. Les 60% restants sont détenus par les paysafricains. Certains économistes africains estiment qu’il faut aller au-delà des60% afin d’améliorer la capacité opérationnelle de l’institution bancaire dansles principaux pays africains en matière de financement.

Onreproche au groupe Banque Africaine de développement sa lourdeur décisionnelle.Il y a 44 agences réparties dans la plupart des 54 pays africains. La banque n’estpas assez imaginative dans sa capacité de promotion d’une feuille de route trèsclaire en distinguant les opérations multilatérales et bilatérales. La BanqueAfricaine de développement doit aider les différents dirigeants appartenant auxcinq communautés économiques régionales à construire une analyse et unepolitique économique pour l’action régionale, grâce à la mutualisation desénergies en matière de développement (infrastructures, énergie, éducation,santé).

Aumoment où l’ancien Ministre Jean-Louis Borloo veut créer une agence dedéveloppement pour la promotion de l’électrification de l’Afrique, il estpeut-être intéressant que le nouveau président élu apporte le savoir-faire deses équipes et de la banque en matière de conception de projets et dedéveloppement économique.

Lenouveau président élu doit réorganiser les structures administrativo-financièresde la banque en y intégrant la plupart des techniciens recrutés sur compétenceset appartenant aux 54 Etats membres. La Banque Africaine doit être pluspro-active, à l’image des autres banques régionales mondiales. Le nouveauPrésident élu doit repenser l’Afrique dans un contexte de mondialisation, c'est-à-dired’ouverture de l’Afrique au reste du monde, et dans le même temps dereterritorialisation, c'est-à-dire de valorisation des atouts africains enmatière de ressources humaines et économiques.

Ne manquez pas notre page Facebook!
Lire la suite