LePrésident Hollande est en Algérie et il a condamné fermement l’attentat de BokoHaram  contre le centre de formation despoliciers au Tchad, a félicité les Etats Unis pour la frappe mortelle contreBelmokhtar recherché par les services secrets américains et algériens. Pourquoi le Tchad ? Le Tchad est dans trois dispositifs: lutte contre Boko Haram quasiment à la place du Niger, le Tchad est au coeur de la force Barkhane, le 11 juin le Tchad fait parti d'un dispositif élargi (pays Lac Tchad + Bénin contre Boko Haram).

Belmokhtar,représentant de Al Qaïda, a toujours refusé de faire allégeance à Daesh.

Enrevanche, il a toujours soufflé le chaud et le froid en Libye, au Mali et dansla zone du Sahel en faisant du trafic de cigarettes, sa marque de fabrique. Ilétait appelé Monsieur Marlboro.

Lamort de Belmokhtar ne donne qu’un répit relatif à la France et à l’Algérie carle terrorisme ne va pas disparaître. La visite du Président Hollande répond d’abordà un attachement personnel du Président français qui a effectué en Algérie sonstage de l’ENA à l’Ambassade de France en 1978. Pour des raisons géopolitiques,l’Algérie, malgré la mise à l’écart par l’armée et les services secrets duPrésident Bouteflika aujourd’hui diminué par la maladie, continue d’être lapierre angulaire de la résolution du conflit au Nord Mali entre Touaregs et Gouvernementmalien.

L’Algérie, avec le Maroc, constituent au Maghreb les deux places fortesen matière de stabilité politique au moment où la Libye est déchirée par desluttes ethnicoclaniques et où la Tunisie peine à stabiliser ses nouvellesinstitutions démocratiques.

LePrésident Hollande fait de l’Algérie un point d’appui géostratégique pragmatiquecar il pense que l’Algérie a un rôle à jouer dans la zone sahélosaharienne.

Ils’agit pour le Président français de rassurer Alger sur la participation de la France à la lutte contre les djihadistes qui ne manqueront pas departir de Libye pour trouver refuge en Algérie et organiser éventuellement desattaques en direction du Sahel et de certains Etats africains subsahariens,comme le Niger, le Mali, le Tchad ou le Cameroun (ce qui est une réalité et nonplus une hypothèse d’école).

D’autresfacteurs intéressent la relation franco-algérienne. La baisse du prix dupétrole ne permet plus à l’Algérie d’entreprendre, voire de continuer, unepolitique sociale qui naguère était considérée comme monnayée pour faire de l’Algérieun pays calme et stable. La présence de la France peut être perçue comme unfacteur de stabilité pour l’Algérie à qui son allié, la France, vient rendrevisite.

L’aprèsBouteflika est une autre question qui ne concerne pas directement le présidentHollande, mais dont il ne peut se désintéresser. Agé de 78 ans, le Chef de l’Etatalgérien est malade et il est en fauteuil roulant depuis son AVC en 2013. Autourdu Président Bouteflika, il y a des intrigues pour lui succéder.

L’armée veilleau grain et n’entend pas être dépossédée de sa capacité à choisir l’hommeidoine au moment venu.

Surle plan économique, l’Algérie est confrontée à des arbitrages forts dans lesprogrammes publics en différant certains progrès d’équipement comme le métro d’Oran.Que peut faire le Président François Hollande dans cette cacophonie politiqueet économique algérienne ? Rassurer l’Algérie et les Algériens que la France està leurs côtés au nom de la lutte contre le terrorisme et de la coopération pourle développement économique. 

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