Lasortie de la Grèce de la zone euro doit être recherchée pour le pays et pour l’Unioneuropéenne. Pour la Grèce cette sortie permet des réformes drastiques, endehors des contraintes budgétaires et économico-financières de la zone euro. Pourla zone euro, il s’agit d’expérimenter un nouveau modèle de gouvernancemonétaire à construire autour des zones ou des cercles concentriques organisésen fonction de la puissance des Etats membres.

La Grèce est malade économiquementdepuis de nombreuses années

Depuis4 ou 5 ans le malade grec est considéré comme incurable. Les médecins hésitentà lui administrer une thérapie de choc qui risque d’aggraver la maladie.

Lemalade sait ce qu’il faut faire (nombreuses réformes sur la fiscalité, lesretraites, le commerce extérieur, le marché du travail, le paiement de ladette, etc.) mais il s’y refuse au nom de la volonté démocratique et du respectde la parole donnée au cours des élections par le leader « Maximo »Tsipras, maître du ciel, de la terre et de l’eau qui a tant promis auxélecteurs grecs.

Laquestion grecque est au cœur des débats en Europe, surtout en Allemagne et en Francequi perdraient énormément de ressources financières en cas d’allègement de ladette grecque car l’engagement des banques allemandes en Grèce est de l’ordrede 52 milliards d’euros, pour les banques françaises le montant est de l’ordrede 42 milliards.

Tsipras refuse de faire les réformes attendues par le Fondsmonétaire international, par les marchés financiers et par l’Union Européenne.On ne peut pas continuer à rester ainsi l’arme au pied, même si la tendance enEurope est la recherche systématique d’un accord.

La sortie temporaire permet à laGrèce de faire des réformes

Ilfaut permettre à la Grèce de sortir de la zone euro le temps de faire desréformes hors contraintes européennes.

Il faut noter que le poids de la Grècedans la zone euro n’est pas très important. On peut donc penser que les autrespays membres de la zone euro peuvent vivre sans la Grèce. En revanche, cettesortie de la Grèce est un mauvais signal pour la monnaie commune, l’Euro etpour la dette grecque qui risque de s’envoler.

Cettesortie grecque ne présente pas que des inconvénients car elle oblige des ajustementsde portefeuille intéressants, surtout pour les fonds souverains de l’Asie duSud-Est qui pourront faire leurs emplettes sur le marché grec et apporter ainsides liquidités pour le redémarrage économique. Encore faut-il que les Grecsfassent les réformes idoines pour favoriser le capital et les retours surinvestissement.

Le cantonnement des actifs pourrisdans une corbeille stratégique

Unefois la Grèce sortie de la zone euro, un certain nombre d’actifs pourris, dontla dette, peuvent être cantonnés dans une corbeille financière, le temps que laGrèce fasse ses réformes. On le fait bien pour les entreprises en séparant lesactifs économiques sains des actifs pourris, cela est tout à fait possible auniveau d’un pays, à condition que l’Allemagne et la France le veuillent.

LaGrèce peut sortir de la zone euro sans que celle-ci ne disparaisse. Enrevanche, la crédibilité de la zone sera entamée. Il peut exister une fuitedevant la mauvaise monnaie grecque, le dollar peut profiter de cette fenêtre d’opportunitépour se réimplanter au cœur de l’Europe grâce à un système de change double queles Grecs pourraient utiliser le temps d’assainir leurs finances et deconcevoir un nouveau modèle économique. La sortie d’un pays de la zone euro,considérée souvent comme sujet tabou, doit devenir un sujet normal de débat etde travaux pratiques monétaires. La zone euro est en train de payer lerassemblement à marche forcée des économies aux performances disparates. L’Euroest devenu trop cher pour la Grèce.

Messieurs et Mesdames les Grecs,soyez courageux

Aunom de la souveraineté vous pouvez sortir de l’euro en assumant les contrainteset les inconvénients de la sortie (taux d’intérêt élevés, retour de l’inflation,augmentation de la dette). Faites les réformes nécessaires, continuez àdiscuter avec vos créanciers mais en adoptant une position différente. Il n’y apas que les Européens comme investisseurs dans le monde. Pour la zone euro, c’estle point de départ d’une nouvelle aventure pour construire une zone monétaire àgéométrie variable.

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