Obamaest un métis, de père kenyan noir et de mère américaine blanche. Pour les EtatsUnis et la communauté noire, c’est un noir et non un métis comme on aime à lerappeler en France. Aux Etats Unis avoir une seule goutte de sang noir dans vosveines, ne fait pas de vous un métis mais un noir. En France, pour des raisonsde positionnement idéologique, on établit une séparation entre le noir et lemétis comme au temps de l’esclavage, le noir était celui qui travaillait dansles champs et le métis, souvent fruit brutal entre le maître blanc et l’esclavenoire, était celui qui pouvait servir dans la maison du maître blanc.

Unefois ces éléments de langage donnés pour éviter les confusions et les analysestrop empressées, revenons à la situation typiquement américaine qui, en termesde racisme, a le mérite d’être plus claire que la situation française quiprocède par circonvolutions, cachotteries et qui ne désigne pas les situationsau nom du faux vivre-ensemble.

Obama, Président noir, s’occupeplus de la question sociale américaine que de celle de la communauté noire :en cela, il a raison.

Obamaest arrivé au pouvoir en 2008. Il a été réélu en 2012. Cela a été un évènementpour les Etats Unis et pour le reste du monde. Pour la première fois un noirdevenait Président de la République de l’Etat le plus esclavagiste des tempsmodernes.

On a cru que Obama allait améliorer la situation de la communauténoire dans une Amérique organisée autour des clans et d’une sociologiefondamentalement ethnique.

Obaman’est pas tombé dans le piège, ce que la plupart des noirs américains n’ont pascompris. Il a dirigé les Etats Unis sous l’angle sociétal et non ethnique.

Latuerie de Charleston qui a fait 9 morts en Caroline du Sud montre que leracisme n’a pas disparu aux Etats Unis et que les différents attentats endirection des populations noires depuis une vingtaine d’années expliquent queles Etats Unis sont marqués par un racisme permanent et qui s’exprime, soit parla voix de Dylann Roof qui se considère comme un suprémaciste blanc aux motifsque les noirs « violent » les femmes blanches, deviennent des acteurséconomiques importants aux Etats Unis, soit des actes de violence en directiondes noirs.

On assiste à une montée des crimes racistes aux Etats Unis, même sià la tête de ce pays on a un Président noir élu.

Les Noirs américains ont oublié letemps de l’esclavage, préfèrent le bavardage autour du racisme au lieu de serassembler pour des actions concrètes et sociétales.

Lasociété américaine est une société communautarisée. Depuis l’acquisition desdroits sociaux et du droit de vote, on a l’impression que les noirs ontabandonné l’idée qu’ils étaient une minorité dans la société américaine. A ladifférence des autres communautés, la communauté noire reste divisée. Il y ades élus noirs, des chefs d’entreprises noirs, des professeurs d’universiténoirs, des responsables d’associations noirs, des grands artistes noirs.

Toutce peuple noir arrivé au fait de la richesse et de l’influence a oublié en routeles autres noirs. Ce peuple de richesse considère les autres noirs en bas de l’échellecomme des pauvres et des incapables en épousant la voie libertado-suicidaire dumodèle américain exhibé en principe, à savoir la liberté individuelle et lemarché.

Lesautres communautés latinos montante, juive traditionnelle et irlandaise, touten accédant à la richesse, continuent d’être communautaires et malheureusementpas les noirs d’Amérique au sens large et les Afro-américains au sensparticulier. Nous ne sommes pas en Europe mais bien aux Etats Unis. Il y a eula lutte pour les droits civiques dans les années 50 et 60. Le gouvernementaméricain a mis en place en 64 et 65 les politiques historiques d’affirmativeaction pour la promotion de l’égalité des droits pour les minorités, dont lesnoirs longtemps opprimés.

Martin Luther King a payé de sa vie pour promouvoirle droit civique des noirs. Obama est devenu Président des Etats Unis. DesNoirs exercent des fonctions importantes dans la société américaine, mais lacommunauté noire n’a pas su renouveler les débats autour de sa présence dans lasociété contemporaine américaine. Elle est condamnée à subir une régressionpermanente dans la société américaine et elle ne peut s’en prendre qu’àelle-même.

Le temps de la prière estnécessaire mais le temps de l’action concrète est indispensable pour lesAfro-américains dans le contexte des Etats Unis.

Allerdans les églises, fussent-elles méthodistes, pour prier et adorer Dieu, estpeut-être indispensable mais ne suffit plus.

Il faut passer à l’action organiséeet méthodique qui doit prendre en compte la communautarisation des populationsnoires qui démographiquement sont dépassées aujourd’hui par les latinos etdemain par les asiatiques.

Lesdifférentes agressions contre les noirs viennent rappeler aux minorités noiresque le chemin à parcourir pour leur considération pleine et entière dans lasociété américaine, reste long, même si un Président noir a été élu à la têtedes Etats Unis. Une preuve de la nécessaire mobilisation des afro-américains: le drapeau confédéral et ségrégationniste continue de flotter devant le parlement en Caroline du sud, alors qu'il devrait être mis en berne. Il faut dépasser cette polémique et que les afro-américains s'organisent. 

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