Aprèsun passage à Milan où se tient actuellement l'Exposition universelle, VladimirPoutine fait escale au Vatican, où il rencontre pour la deuxième fois le papeFrançois. En 2013, ils avaient discuté ensemble de la situation en Syrie et dela communauté chrétienne de Russie. Aujourd'hui, alors que la Russie s'isoleface au monde occidental, les discussions s'articuleront principalement autourde deux thèmes : l'Ukraine et les Chrétiens d'Orient.

Unetradition d'activisme diplomatique

Observateurauprès de l'ONU, de l'UNESCO et de l'OMC, à la tête d'un réseau de plus de 4000évêques à travers le monde, le Vatican jouit d'une position d'observateurinternational privilégié. Réussissant le tour de force d'unir dans une prièrecommune pour la paix plus de 200 religieux du monde entier en 2002, le pape Jean-PaulII a régulièrement voyagé pour rencontrer les chefs d'état et a utilisé sonstatut de leader spirituel pour dénoncer les conflits internationaux commenotamment la Guerre du Golfe, le Kosovo et le Rwanda.

Aujourd'hui, lepape François est tout autant engagé dans l'activisme diplomatique du Saint-Siège. « Le travaild'ambassadeur est fait de petits pas, de petites choses, mais il terminetoujours par faire une paix » disait-il lors d'une cérémonie officielle. En deux ans depontificat, il s'est rendu partout où la diplomatie s'avouait vaincue comme àCuba où il a joué un rôle majeur dans le rapprochement entre Raul Castro etBarack Obama, au Sri Lanka, en Corée du Sud où en Israël. Un activisme qu'ilmet aussi au service de l'Europe.



L'Ukraine, « une guerre entreChrétiens »

Depuis le débutde la crise en Ukraine et l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014,le pape François est resté très prudent sur sa prise de position. Si lestensions montent en puissance entre autorités ukrainiennes et séparatistespro-russes, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)tirant la sonnette d'alarme face aux offensives qui reprennent dans la régiondu Donbass, le pape François ne s'est pas exprimé fermement contre la politiquerusse.

Alors quel'Ukraine est composée d'orthodoxes et de catholiques de rite oriental, leSaint pontife a appelé à l'apaisement en évoquant une « guerre entrechrétiens », omettant d'incriminer la politique de Vladimir Poutine. Uneprise de position tiède qui a fait la colère des catholiques ukrainiens. Enrecevant le Président russe ce 10 juin, le pape François prouve cependant qu'iln'a pas dit son dernier mot et que l'Ukraine reste une de ses préoccupations.Face à lui, Vladimir Poutine espère une bonne coopération basée, comme ill'avait annoncé lors de sa dernière visite, sur « des valeurs chrétiennes qui (les) unissent »

« La Russie ne constitue pas une menace pourl'occident »

Persona non grata au G7 qui se dérouleactuellement en Allemagne, pointé du doigts par Angela Merkel, Vladimir Poutine se retrouveisolé face à une Europe qui fait front, notamment sur la question ukrainienne.Alors que le contrat relatif à l'achat de navires Mistral français vient detomber à l'eau, le Kremlin a publié officiellement une liste de personnalitéspolitiques et médiatiques françaises interdites sur le sol russe.

Une décisionqui a provoqué un tollé dans l'hexagone et qui ne facilitera pas la tentativede médiation du Vatican.

Malgré la confrontation, le Président russea voulu rassurer. « Lemonde a tellement changé que les gens de bon sens ne peuvent pas imaginer un conflitmilitaire d'ampleur aujourd'hui » a t-il confié à un journal italien le weekend dernier.

Après cette entrevue au Saint-Siège, lePape François a confirmé qu'il se rendrait en France, malgré les tensions relativesà l'affaire de l'ambassadeur français homosexuel refusé par le Vatican.

Les chrétiens d'Orient : labataille du Vatican

Si l'Eglise orthodoxe accuse l'Occident d'avoir abandonné les chrétiensd'Orient persécutés, Vladimir Poutine abordera forcément le sujet avec le Saint Pontife. Certainsparlent même d'un projet de rencontre historique entre le pape et le patriarcheKirill. Divisés depuis le grand chiisme de 1054, Rome et les chrétiens d'Orientpourraient se retrouver dans ses temps de persécution, autour de l'idée d'une plus grande collégialité del'Eglise romaine, comme le souhaiterait le pape.

Une ambition qui recueille lesoutien de l'Eglise Russe.

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